Grégoire Delanos, photographe-vidéaste engagé

Exercer un métier passion au service de la transformation écologique, c’est possible ? Dit comme ça, ça fait rêver, et c’est ce que Grégoire Delanos a fait !

Photographe-vidéaste, artisan-artiste, il dédie son temps à des projets vertueux de communication, sensibilisation et représentation des enjeux liés à l’environnement. Notre Pépite de la semaine développe sa création sans la déconnecter de ses convictions.

Une manière originale et inspirante de se mobiliser face à l’urgence environnementale qui nous rappelle que le monde de demain n’existera pas sans les artistes ! 🍃

Grégoire était déjà passionné d’image, de photo, de cinéma quand il était au lycée. Et son amour de la nature ne semble jamais l’avoir quitté. Mais trouver le moyen idéal pour lier ces différents domaines, c’était loin d’être évident. C’est par une route sinueuse, avec des hauts et des bas, qu’il a fini pour trouver le bon chemin. Il nous raconte aujourd’hui comment il en est venu à travailler en tant que photographe-vidéaste indépendant au service de la cause environmentale !
Bonjour Grégoire ! Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Est-ce que tu sais quel a été ton déclic ?

Je passe mon Bac Scientifique spécialités SVT et Cinéma-Audiovisuel à Aurillac dans le Cantal. Je veux un métier qui lie le scientifique à l’artistique, et je me dirige assez naturellement vers des études en architecture. J’obtiens mon premier choix pour Clermont-Ferrand, le parfait compromis entre la ville et la campagne, car je suis amoureux de la nature. J’y resterai 3 ans. A 6 mois de la fin de ma licence, des problèmes de santé me plombent et je ne parviens plus à suivre le rythme très intense. Je dors peu, je travaille beaucoup, je pense sérieusement à me réorienter puis vient le burn-out.

Ce choc l’amène à se questionner sur ses aspirations réelles. Il quitte sa ville, ses études, retourne chez ses parents à la campagne. Une prise de conscience des enjeux environnementaux lui fait arrêter la consommation de viande. Finalement, il s’engage dans un BTS Photographie à Toulouse, qui fait écho, des années plus tard, à la passion pour l’audiovisuel du lycéen en option Cinéma. C’est à ce moment là qu’il fait plusieurs stages dans la publicité audiovisuelle, et dans un laboratoire argentique traditionnel. Surtout, il obtient le statut d’étudiant-entrepreneur qui lui permet de tester son activité freelance en parallèle de ses études. A partir de là, il commence à combiner ses passion en créant des expériences proches de la nature pour ses premiers clients.

Ses études terminées, Grégoire décroche un CDI dans un studio de publicité classique, dans lequel les clients ne sont pas nécessairement engagés. Il réalise qu’il veut mettre ses compétences et sa créativité au service de ses convictions.

Je décide de me lancer seul et de ne travailler que pour des entreprises, collectivités et associations œuvrant dans le social, l’environnement et la culture. La fin des études m’a libéré du temps pour m’engager bénévolement aux côtés d’ONG de défense de l’environnement, pour leur communication visuelle et web.

On veut comprendre ce que tu fais ! Ca veut dire quoi de travailler comme photographe-vidéaste engagé pour la transition ?

Mon job, je l’ai créé moi-même. Et c’est ça qui est chouette ! Je bénéfice d’un double statut d’artiste et d’artisan qui me permet de répondre à toutes les commandes en photographie et en vidéo pour les pros et les particuliers, et de réaliser un travail artistique, de la cession de droits, des expositions, etc. Mon truc, ce sont les images. Alors pourquoi ne pas m’engager dans un métier qui soutient ces actions à impact positif ? Depuis mars 2021, je partage mon temps entre communication de projets vertueux pour les pros, travail artistique et photographique autour des questions d’environnement (la solastalgie) par le biais de résidences d’artistes et de médiation avec des enfants, et séances photo en pleine nature pour les particuliers.

La double casquette, c’est ce qui permet à Grégoire de faire le pont entre le professionnel et l’artistique. Et c’est un équilibre intéressant pour tous ceux qui veulent se lancer dans un métier créatif tout en développant leurs projets persos.

Pour Grégoire, les images peuvent contribuer à nous mobiliser de plein de façons différentes, et ce statut lui donne justement toute la latitude de le faire sans se restreindre. Il réalise ainsi des commandes pour des entreprises et des acteurs engagés comme WWF, Oxfam, Greenpeace, et publie ses propres créations artistiques, souvent traversées par ces enjeux. Ces photos sont parfois l’occasion de faire de la médiation, comme avec le projet Prendre l’air (du temps) qui sensibilise à la disparition des écosystèmes. Avec la Lutte des Sucs, il documente le combat des habitants contre le chantier de la RN88. Tout part de la passion d’un art : l’artiste engagé en fait son moyen d’agir sur le monde, et de bien remplir ses journées :

Je me partage entre la comptabilité et les réponses aux appels à projet, chez moi ou dans un café co-working, les journées de shooting en déplacement, et la post-production devant mon ordinateur, casque sur les oreilles, douces musiques amplifiées rythmant mes coup de stylet sur la tablette graphique.

Être engagé dans son travail, ça veut aussi dire interroger les pratiques habituelles de sa profession. Les artistes utilisent des supports pour leur communication ? Grégoire veille à en minimiser l’impact environnemental, avec un kit de goodies éco-conçus. Pareil pour les coffrets photos, systématiquement réalisés avec des matériaux recyclés et imprimés localement. Le milieu artistique a son empreinte écologique aussi, et malgré sa magie, il doit organiser sa transition.

C’est quoi les compétences utiles quand on se lance en tant qu’artiste indépendant ?

Les études en architecture m’ont appris à travailler en équipe, donné une rigueur de travail et un certain rythme, ouvert sur un champ très large de compétences (dessin, références artistiques, logiciels techniques, etc.), sensibilisé aux enjeux climatiques et sociaux. Le BTS et le statut d’étudiant-entrepreneur m’ont offert l’opportunité de créer un réseau, de rencontrer des personnes ressources, de pousser mes limites techniques au service de la création artistique, et de me forger un solide cercle d’amis qui se sont également professionnalisés sur Paris et Toulouse principalement. Cela me permet d’élargir ma zone de chalandise, me partageant entre Clermont-Ferrand, Paris, Lyon et Toulouse.

Pour se faire sa place dans le milieu créatif, il faut en effet savoir se faire remarquer. Grégoire nous explique que des compétences en communication sont indispensables, notamment sur les réseaux sociaux. Mais il faut aussi pouvoir aller rencontrer les clients, se déplacer et faire vivre son réseau ! A l’écrit comme à l’oral, un artiste indépendant doit donc pouvoir défendre son travail, ou bien s’entourer pour le faire. Et forcément, qui dit indépendant dit aussi savoir gérer son organisation, ses finances et ses projets en autonomie !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus, c’est me réveiller le matin en me disant que je fais un métier-passion, et que j’ai vraiment l’impression d’avoir fait le bon choix en alliant mes convictions profondes et ma vie professionnelle.

Ce qui est le plus difficile, c’est de parvenir à en vivre décemment au début, mais je me donne le temps et les moyens d’y parvenir. ! Je pense que le sens est plus important que l’argent. Il est important de réussir à en vivre, mais je ne cherche pas à devenir riche. Si je peux juste assurer mon confort personnel avec des choses simples, manger à ma faim, avoir un chez moi agréable, et pouvoir faire des sorties culturelles ou voyager un peu (en train), alors je suis comblé.

Et pour finir, petit coup d’œil à la boule de cristal ! Où est-ce que tu te vois dans quelques années ?

Installé, avec plein de clients chouettes dans lesquels je crois, et en ayant développé un travail artistique plus important autour des questions d’écologie !

Pour retrouver le travail de Grégoire Delanos, rendez-vous ici !

La mine d’or de notre photographe-vidéaste

Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent

Les bouquins de Pablo Servigne sur l’effondrement,

Les rapports du GIEC

No Steak d’Aymeric Caron, Série :

L’Effondrement par le collectif des Parasites,

Les interviews de Thinkerview,

Le podcast La Terre au Carré de Matthieu Vidard sur France Inter

Et le travail inlassable des ONG ! (Greenpeace, Reclaim, Alternatiba, ANV-Cop21 etc.)

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