Intégrer la dimension écologique et sociale dans la comptabilité des organisations, c’est le défi que s’est lancé Sylvain en créant sa startup en 2020. Avec La Société Nouvelle, son objectif est simple : rendre accessibles et transparentes les informations clés sur l’empreinte carbone des entreprises. En travaillant de concert avec des cabinets d’expert comptables, et avec l’aide d’une douzaine d’indicateurs, Sylvain et son équipe sont capables d’évaluer dans les moindres détails les impacts socio-économiques et environnementaux des entreprises.

Salut Sylvain, est-ce que tu peux nous présenter ton métier !

Je suis le fondateur de la start-up La Société Nouvelle.

La mission de la structure est d’intégrer des dimensions sociales et environnementales dans la comptabilité des entreprises. Le but, c’est d’apporter de la transparence pour accélérer la transition vers une économie soutenable.

Concrètement, ça consiste en un complément comptable et une base de données à destination des entreprises : elles peuvent mesurer et rendre compte de l’empreinte sociale et environnementale de leur production sur 6 indicateurs socio-économiques et 6 indicateurs environnementaux. Le choix des indicateurs s’appuie sur les 17 Objectifs de Développement Durable émis par l’ONU.

Par exemple, nous sommes capables de mesurer la quantité de gaz à effet de serre émise par unité de valeur produite, exprimée en gCO2e/€.

L’ensemble de ces données sont partagées sur une base de données ouverte pour que tout le monde puisse se renseigner sur les impacts de ces entreprises.

Pourquoi as-tu décidé de t’engager dans la transition écologique ? Quel a été le déclic ?

Je ne me posais pas la question jusqu’à la fin de mes études, mais j’avais déjà une conscience écologique. J’aimais bien les énigmes et je voulais me pencher sur des gros problèmes de société. J’ai remarqué, lorsque je faisais mes courses au supermarché, que je ne pouvais pas savoir lequel avait le moins d’empreinte carbone ; qu’aucune donnée n’était disponible pour évaluer l’impact social et environnemental des entreprises. En dernière année de master, j’avais la conviction que la transition écologique et sociale ne pourrait pas se faire sans une information fiable et pertinente sur et pour les entreprises. À la fin de mes études à l’École Centrale de Lille, j’ai donc choisi une option entrepreneuriat pour innover sur ce sujet !

Quels sont les enjeux principaux de ton secteur ?

Le secteur avec qui nous travaillons le plus est l’expertise comptable. L’enjeu primordial est d’arrêter de compter juste des euros et de ne donner qu’un point de vue monétaire aux entreprises. Par exemple, nous voulons faire la bascule pour faire comprendre que les grammes de CO2 rejetés sont un aspect aussi important à prendre en considération.

« Quasiment aucune entreprise ne connait son impact carbone. »

Tu utilises quelles compétences et qualités pour contribuer au développement positif de ta structure ?
  • La pédagogie. C’est très compliqué de bien expliquer un nouvel enjeu (environnemental) à un cabinet comptable dont le métier n’a pas changé, radicalement, depuis longtemps. Aussi, on raisonne avec des ratios monétaires, et il faut être vraiment pédagogue pour expliquer ce que l’on fait.
  • L’enthousiasme. Quand on travaille dans des métiers en rapport avec les problématiques environnementales, on est confronté quotidiennement à des informations très fortes. Parfois, on se retrouve aussi face à des personnes qui ne comprennent pas du tout l’ampleur de ces enjeux. J’essaie de travailler avec beaucoup d’enthousiasme et d’insuffler cette dynamique dans mon équipe.
As-tu un challenge professionnel pour cette année ?

Je vais essayer de contacter un maximum de cabinet d’expert-comptable, parfois en retard sur les sujets environnementaux et socio-économiques pour la période d’exercice comptable de l’année prochaine. C’est pendant cette période que l’on peut récolter le plus d’informations sur les entreprises, pour ensuite appliquer nos indicateurs environnementaux et socio-économiques.

Le meilleur conseil qu’on ne t’ait jamais donné ?

Je n’ai pas eu la chance de les rencontrer personnellement, mais au lycée, j’ai appris des citations de philosophes qui m’ont plues :

  • « La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre«  de Beaumarchais.
  • « Rien ne se fait sans un peu d’enthousiasme«  de Voltaire.

Ces deux citations résument parfaitement l’état d’esprit de la structure et de l’équipe !

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