Si d’aventure vous faîtes un tour en Vendée, vous y croiserez peut-être le chemin de Stéphane Castanie, un jeune maraîcher qui y a créé Les Jardins du Puyrajoux, son activité de production 100% bio. Lui qui se sentait déconnecté des préoccupations écologiques lors de ses études, était parti pour devenir manager. Il s’est finalement reconverti à l’agriculture durable, une passion qu’il aime partager, que ce soit sur ses marchés hebdomadaires ou lors de formations.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Quand j’étais au lycée, je voulais travailler dans les ressources humaines. J’ai fait un Bac STG (science et technologie de la gestion) avec option CGRH (communication et gestion des ressources humaines) dans cette optique-là.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

Absolument pas haha !

Après le lycée j’ai fait un DUT GEA (Diplôme Universitaire de Technologie en Gestion des Entreprises et des Administrations) à l’IUT de Nantes puis une Licence Professionnelle Métiers de la Gestion des Ressources Humaines. Dans les deux cas, il s’agissait de formations en alternance – d’abord chez ERDF GrDF à Nantes, puis chez OCF (un fabricant de vitrines réfrigérées) à Chantonnay.

Franchement, pendant tout ce temps-là, je prenais les écolos pour des fous.

Suite à mon alternance chez OCF, j’ai été embauché pendant 1 an en tant qu’assistant administratif Ressources Humaines ; c’est à ce moment-là que j’ai commencé à me questionner sur ce que j’avais vraiment envie de faire.

Je suis donc parti à la rencontre d’une dizaine de maraîchers vendéens pour voir ce que c’était que ce métier. Ensuite, j’ai passé mon Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole, durant lequel j’ai eu l’occasion de faire des stages chez différents maraîchers.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Je me suis dirigé vers le milieu agricole à la suite d’un ensemble de choses : avoir vu les films « En quête de Sens » et « Demain » ; l’envie d’avoir du sens dans ce que je faisais, et que le matin en me levant je puisse me dire que ce que j’allais faire dans la journée était trop cool ; les personnes malades dans mon entourage… Tout ça, ça pose question.

En me mettant à chercher, je suis arrivé au constat que faire pousser des légumes sains pour les habitants de ma commune était quelque chose qui me motivait énormément.

Comment as-tu trouvé ton job ?

J’ai créé mon entreprise individuelle, les Jardins du Puyrajoux. J’avais une idée bien précise du projet que je voulais mener, donc j’ai préféré monter ma structure !

L’entreprise a été créée le 1er janvier 2020 : je vais bientôt souffler ma première bougie, youhou !

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

J’ai pour objectif de pouvoir proposer des légumes toutes l’année. Ce n’est pas une mission très facile car en fonction des saisons, les légumes poussent plus ou moins bien.

Je fais pousser environ une soixantaine de variétés, comme par exemple : petits pois, oignons frais, épinards, mâche, mesclun, blettes, plein de choux différents, poireaux, pommes de terre, carottes, haricots, tomates, concombres, aubergines, courgettes, poivrons, plein de courges différentes… J’ai aussi planté plein d’arbres et plants l’hiver dernier, qui devraient me donner des fruits d’ici 5 ans : pommes, poires, figues, prunes, pêches, abricots, cerises, raisin, cassis, casserole, groseille, framboise, rhubarbe…

Toutes mes technique de cultures sont sans tracteur, dans la philosophie inspirée des principes de la permaculture. J’ai une partie dehors, comme un jardin, et une partie sous serre.

Je vends 80% de mes produits en vente directe dans un petit magasin que j’ai créé. Le reste est vendu à des épiceries locales, à la cantine de Venansault, l’EPHAD de Venansault, des magasins à Aizenay et la Roche sur Yon.

En maraîchage, il n’y a pas vraiment de journée typeDans la semaine, j’ai 3 jours où je suis au jardin (préparation de planches de culture, plantation de semis, entretien des cultures), 2 jours de vente directe (cueillette des légumes puis lavage et vente) et 1 jour d’administratif environ.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?
  • Le premier, c’est le fait d’avoir envie.
  • Ensuite le réseau est super important, pour pouvoir échanger avec des collègues.
  • Dans mon parcours, ce qui m’aide bien c’est d’avoir fait de la gestion avec le DUT puis des études agricoles.
Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Le plus : être en relation avec les clients, pouvoir leur proposer des idées de recettes pour donner envie de cuisiner.

Le moins : l’administratif.

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

Je me vois bien maraîcher, avec des saisonniers pour m’épauler l’été, et proposant des formations.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Continue comme ça, la vie te fera évoluer, continue de t’investir dans des associations sportives et de t’éclater avec tes potes !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidé vers ce premier job ?

Le manuel « Vivre avec la Terre » de la ferme du Bec Hellouin.

Les films « Demain » et « En quête de sens ».

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