Sonia Boubekri

Si vous pensez qu’en matière de transition écologique, on a déjà bien avancé, Sonia vous répondrait “le meilleur reste à venir !” Aujourd’hui ingénieure études et projets pour l’assainissement de l’eau chez Veolia, Sonia Boubekri est une Pépite au grand cœur, bénévole engagée depuis ses années lycée. Entre un parcours académique riche mais parsemé de revirements, de multiples expériences de bénévole et une rencontre “people”, notre ingénieure a tracé son chemin, empreint d’optimisme et d’énergie positive 🌊

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Quand j’étais au lycée, je pensais passer le concours de médecine. J’avais pas forcément prévu de plan B et je n’avais pas considéré d’autres formations. En tout cas, je n’avais pas envisagé de travailler dans le domaine dans lequel je travaille aujourd’hui. En y réfléchissant, j’étais au lycée pendant la crise financière de 2008 (j’ai eu mon bac en 2011), du coup le plan c’était d’étudier pour travailler dans une filière « sous-tension » ou qui réponde aux défis du XXIe siècle.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après avoir tenté de nouveau le concours pour les études médicales, j’ai eu la possibilité de faire une année de prépa intégrée à Polytech UPMC (Sorbonne maintenant). C’était la première année où l’université proposait cette passerelle. Cette école d’ingénieurs fait partie d’un réseau de 15 écoles réparties dans toute la France avec environ 80 spécialités. A ce moment-là j’ai eu moins d’un an pour faire le choix de la spécialité vers laquelle je voulais m’orienter. Pas forcément évidement, quand ça dévie pas mal de ce qu’on a pu prévoir initialement… Pour faire mon choix, j’avais choisi plusieurs critères : que cela soit pluridisciplinaire et réponde à des problématiques et enjeux globaux et internationaux.

Avec tous ces critères, j’ai décidé de m’inscrire à Polytech Montpellier pour commencer mes études d’ingénieurs dans la spécialité Sciences et Technologies de l’Eau (maintenant Génie de L’Eau). Cette formation couvrait un vaste programme, de l’écologie aquatique et urbaine aux procédés hydrauliques en passant par la chimie de l’eau. De quoi me laisser le temps de trouver ce sur quoi je voulais me focaliser. Pour ma dernière année, j’ai fait un master en Angleterre à Cranfield University pour avoir un double diplôme en Water and Wastewater Engineering (Traitements de l’Eau et Assainissement).

A mon retour en France et après avoir cherché du travail pendant quelques mois, j’ai commencé une alternance à Veolia Eau en région parisienne dans une formation proposée par leur campus en partenariat avec les universités UPEM, UCP et ENPC.

Concernant la transition écologique, c’est une notion par laquelle je me suis sentie concernée et dans laquelle j’ai très vite voulu travailler une fois que j’avais choisi ma spécialité et mon école d’ingénieurs.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

A côté de mes études, j’ai fait du bénévolat. Depuis que je suis au lycée, j’essaie d’être bénévole au moins une fois chaque année. Au début, c’était plus dans des associations d’aide sociale : collecte et distribution de denrées alimentaires, maraude pour la distribution de repas …

En école d’ingénieurs et en master, je me suis investie dans des clubs humanitaire et de développement durable. J’ai assisté à des événements tels que la COY 15 (Conference of Youth) à Paris pendant la COP 21 ou à ChangeNOW en tant que bénévole :). Après mes études, je me suis impliquée dans une association, dont je fais toujours partie, pour l’entreprenariat féminin en Europe centrale, HERA France.

En petite anecdote j’ai eu la chance, avec d’autres étudiants de Crandfield, d’interviewer Christiana Figueres. En plus de conférences, c’est toujours super intéressant et inspirant d’entendre ou de discuter avec des personnes qui travaillent dans ces domaines !

Au-delà du bénévolat, j’ai eu des jobs étudiants, pour le service de santé étudiant de mon université notamment ou en magasin.

Concernant mes stages, j’ai travaillé dans une start up à Montpellier, Ecofilae, sur la réutilisation des eaux usées traitées. Mon stage de fin d’études s’est déroulé en Angleterre pour une association industrielle, Water Reuse Europe, sur le même sujet. J’ai fait mon alternance à Veolia, à la direction technique, en support à l’exploitation, en assainissement. Ces expériences et les personnes avec qui j’ai collaboré m’ont beaucoup appris !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Je dirais un mélange entre mes rencontres avec des professionnels, de mes discussions avec mes amis et les personnes que je connais, mes cours et les lectures, conférences ou vidéos que j’ai pu voir.

Le déclic s’est vraiment fait lors de mon choix d’école, où une partie des cours était liée à la transition écologique.

Comment as-tu trouvé ton job ?

J’ai été embauchée à Veolia suite à mon alternance de plus d’un an. J’ai trouvé mon alternance lors d’un événement de networking organisé par NQT (où j’étais parrainée et bénévole). Ensuite, c’est ma (super) tutrice et manager qui m’a contactée.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Réponse un peu typique mais je n’ai pas vraiment de journée type. Mon emploi du temps dépend des projets et études. Je travaille en support des services d’exploitation de l’eau et de l’assainissement, des personnes qui travaillent à fournir de l’eau potable et à s’assurer que l’eau usée est bien traitée avant de revenir dans le milieu naturel.

Ça peut aller de la journée de réunions à la journée sur le terrain. On passe très vite d’un sujet à l’autre au sein d’une même journée.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Comme c’est un poste technique, j’ai souvent recours à des compétences type gestion de projets et traitement des données. J’utilise des outils informatiques et collaboratifs comme la suite Google et des outils métiers. On apprend beaucoup en faisant.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Parmi ce qui me plaît le plus, je citerais les échanges avec les exploitants, la résolution de problèmes (« comme des petites enquêtes à mener » comme le dit une de mes collègues). Les sujets sont intéressants et en aidant les exploitants on améliore le service rendu au client et à l’environnement.

Pour ma part, le plus difficile c’est l’impression de manquer de temps.

Parlons CASH ! Quel est pour toi l’équilibre idéal entre sens & rémunération ?

J’ai mis du temps à trouver du travail et je me suis pas mal posé la question. C’est compliqué ! Ma position sur la question évoluera sûrement avec le temps et l’expérience. Je pense que les deux ne sont pas forcément liés parce que pour certains, ce choix, c’est un luxe. Le sens d’un métier peut être différent pour chacun et ça peut être « simplement » de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

Dans mon cas, je trouve que j’ai de la chance de faire le métier que je fais. Si ce n’était pas le cas, je m’investirais encore plus dans des associations, projets citoyens ou un projet perso.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Keep up !

Courage ça va aller, le futur est plein de bonnes surprises ! Ne te limite pas, garde la curiosité et l’envie de découvrir plein de choses ! Les métiers évoluent et tout n’a pas encore été découvert. Tout reste à inventer !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Parmi les essentiels, je conseille :

Pour la recherche d’emploi :

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