Clémence Guignard, chargée de projet consommation responsable

Clémence Guignard, 23 ans, a avancé sur la base de quelques intuitions : un intérêt pour les matières scientifiques, l’envie de changer les choses et de s’engager… Jusqu’à ce que des réalisations successives dessinent un chemin en accord avec ses valeurs !

C’est à l’issue de son école d’ingénieur qu’elle réalise…. ne pas vouloir être ingénieure ! Heureusement, en parallèle de ses études, Clémence s’est engagé, a travaillé, voyagé, et a trouvé dans quelle direction elle voulait mettre son énergie. Et ça fait du bien de voir que si les études peuvent être un tremplin, elles ne nous enferment pas !

Aujourd’hui, elle bosse pour le Centre d’Initiation à l’Environnement d’Othe et d’Armance, une association de sensibilisation à l’environnement dans la région de Troyes, où elle est chargée de projet consommation responsable.

Notre Pépite de l’Aube nous raconte son combat au quotidien ! 🍃

Hello Clémence ! On commence par retourner sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

J’en avais pas trop. J’ai fait un bac S parce que j’aimais plutôt les matières scientifiques, et surtout les choses assez carrées, où j’ai « juste » à appliquer une règle, pas besoin de trop écrire, la philo et le français étaient clairement mon point faible. Comme j’étais plutôt bonne élève, je suis allée en prépa, la plus générale possible BCPST (Biologie, Physique, Sciences de la Terre), en gros avec toutes les matières scientifiques, dont les maths haha. Puis je suis arrivée en école d’ingénieur en agronomie un peu par défaut, selon les résultats du concours. Tout ça pour arriver en dernière année pour me rendre compte qu’en fait je ne voulais pas être ingénieure…

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

Jusqu’en prépa, je n’avais pas trop d’ambition de travailler en faveur de la transition écologique. J’avais déjà certaines idées bien tranchées : petite, je voulais être maire d’un village parfait où les gens rentreraient sur dossier et ne feraient que des choses bien pour la planète. A un moment je voulais devenir architecte pour faire des maisons écolo. Mais tout ça n’était que des idées, et je ne les ai jamais inclues dans mon projet de vie et ma formation.

En deuxième année, elle a le déclic : grâce à une vidéo de La Barbe sur l’élevage intensif, elle réalise que changer son alimentation est une étape inévitable dans son engagement : C’est à ce moment là que j’ai voulu avoir une ferme en maraîchage bio et que je suis devenue végétarienne. Depuis, ce projet de ferme en maraîchage a bien évolué, mais est toujours présent ! Elle se voit vivre en communauté dans un écolieu pour faire de la sensibilisation et de l’éducation à l’environnement. Et à l’issue de cette année, Clémence décide de faire une année de césure. Elle part d’abord faire un volontariat de 5 mois dans le parc naturel des Rocheuses aux Etats-Unis et c’est une expérience merveilleuse! Pour la deuxième partie de son année, elle fait un stage de 4 mois en Recherche & Développement aux Pays-Bas, et elle se rend compte de l’évidence : la vie de labo et de bureau, ce n’est pas fait pour elle. Elle repart pour un wwoofing d’un mois et demi en Norvège, et s’investit dans une association sur les trames écologiques.

L’engagement associatif a d’ailleurs été un vrai plus dans son parcours : dans son école aussi, elle fait vivre les enjeux qui lui tiennent à coeur. D’abord en tant que présidente de l’asso étudiante Ingénieurs Sans Frontières qui organise des actions de sensibilisation sur la solidarité internationale. Et avec une copine présidente d’une autre asso environnementale, elle crée la Semaine Verte et Sociale à l’école, qui existe toujours et où ont des café-débats, des projections de films et des conférences sur le monde de demain et la transition.

Finalement, elle trouve son job en répondant à une offre sur le réseau TEE pour son stage de fin d’études. Ca se passe très bien, et elle est prise en CDI à la suite de son stage !

Le quotidien d’une chargée de projet, à quoi ça ressemble ?

En fait, Clémence travaille sur plein de tâches variées autour de la consommation responsable. D’un jour à l’autre, elle peut donc faire des choses très différentes. Pour qu’on comprenne mieux, elle nous raconté ses missions de la semaine, et ça ressemble à ça :

Organiser la vie bénévole sur le territoire du Pays d’Othe (dans l’Aube)

Créer des animations ponctuelles sur des sujets variés autour de l’environnement

Créer un escape game virtuel pour le jeune public autour de la consommation responsable

Entretenir le jardin expérimental de l’association

Répondre à des appels à projet et trouver des financements

Faire de la communication autour des animations (affiche, mail, réseaux sociaux, plaquette, etc.)

Clémence travaille pour le Centre d’Initiation à l’Environnement d’Othe et d’Armance, une association de loi 1901 vise à éduquer et sensibiliser le grand public à l’environnement et au développement durable, Son domaine de spécialisation, c’est la consommation responsable, et l’alimentation durable. Forcément, une telle mission implique de multiplier les actions, les supports et les idées pour faire bouger les choses !

C’est quoi les compétences d’une chargée de projet ?

Comme les missions sont variées, l’adaptation est une ressource clé dans ce job. Et quand on ne sait pas où donner de la tête, c’est important de savoir gérer le stress et la pression, d’appréhender ses tâches avec sérénité en priorisant ce qui est important.

Pour Clémence, sa formation scientifique lui a aussi permis de se forger une vraie expertise en sciences de l’environnement et de l’agriculture, ce qui permet d’avoir une compréhension en profondeur des enjeux sur lesquelles elle travaille au quotidien.

Enfin, comme on a la responsabilité de mener à bien des projets, on retrouve les compétences transversales essentielles comme l’organisation, la gestion de projet, et le travail d’équipe. Il y a aussi un rôle important de relais et de sensibilisation auprès de tous les interlocuteurs, y compris le grand public, donc la capacité à créer du contact et à transmettre est très importante.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est clairement la diversité de mes journées. Il n’y en a pas une seule qui se ressemble. Je me sens vraiment utile, dans tous les domaines. Je préfère 1000 fois un métier qui ne paie pas grand chose mais dans lequel je m’épanouie vraiment qu’un métier avec lequel je gagnerai bien ma vie mais dans lequel je ne me sentirai pas utile ou investie personnellement.

Ce qui peut être le plus difficile c’est le temps qui manque et le fait qu’en tant que petite structure, on ne peut pas tout faire, et qu’on doit toujours chercher des financements et le justifier avant de pouvoir mener une action.

Et maintenant, comment tu vois-tu ton avenir pro dans la transition ?

Je me suis plus ou moins engagée sur 3 ans minimum dans l’asso où je suis, basée sur un accord de confiance entre la coordinatrice de l’asso et moi-même. J’ai aujourd’hui 23 ans. Mon objectif est de m’installer quelque part dans un écolieu qui ferait ferme pédagogique/école de la forêt/centre de yoga/et j’en passe, avant mes 30 ans. On verra où l’avenir me guidera…. 😉

La mine d’or de notre chargée de projet

Je suis une grande fan du podcast 2030 Glorieuses, en cas de démotivation, c’est le remède garanti !

Le film Demain a été un énorme déclic aussi, le film 2 degrés de plus, et globalement tous les films de Yann Arthus-Bertrand et d’autres documentaires animaliers.

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