Aujourd’hui nous rencontrons Sarah Pétreault, passionnée d’agroécologie, diplomée de l’ENSAT, qui a eu différentes expériences avant de se lancer dans la création d’une école pour partager sa passion ! Son conseil ? Toujours chercher de nouvelles choses tant que vous ne vous sentez pas à votre place !

Découvrez son parcours. 👇

Retour sur les bancs du bac, tu as 18 ans, c’est la fin du lycée, c’était quoi ton plan ?

J’ai fait une terminale S, parce que j’avais un intérêt pour la biologie et qu’à cette époque je m’intéressais au métier de vétérinaire rural, sans non plus être totalement sûre de moi. J’aimais aussi beaucoup l’italien, donc la filière scientifique me permettait de pouvoir faire tout ça, sans risquer de me restreindre si je changeais d’avis.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après mon bac, je suis arrivée en Prépa AgroVéto (BCPST), et pour moi ce n’était pas du tout cohérent avec ma manière de fonctionner. C’était une formation purement scientifique et sans l’aspect social que je recherchais. Je n’ai donc pas poursuivi dans cette voie, en intégrant un IUT et en particulier le DUT Génie Biologique et Agronomie. J’ai adoré. Finalement, j’ai choisi de ne pas tenter les concours de vétérinaire pour intégrer les parcours d’ingé. J’ai obtenu le concours de l’ENSAT Toulouse, école d’agronomie publique, avec une formation en agroécologie. L’école propose un apprentissage : j’ai fait mon alternance dans la méthanisation (production d’énergie locale à partir de déchets), et j’ai pu appréhender ce sujet-là pendant 3 ans, en étudiant les thématiques des déchets et des énergies renouvelables dans l’agriculture.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

En parallèle de mes études à l’ENSAT, j’ai fondé l’Ecole d’Agroécologie Voyageuse (EAV). Il s’agit d’une formation d’un an pour former les futur.e.s paysans et paysannes ambassadeurs et ambassadrices de l’agroécologie, qui aideront des agriculteurs et agricultrices dans des projets, tout en apprenant le métier d’agriculteur.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ?

D’abord, dans mon cursus ENSAT, je devais aller faire un stage à l’étranger, mais je ne savais pas dans quelle ferme aller. J’ai contacté Opaline Lysiak, fondatrice des Agron’Hommes, et on a été voir des fermes ensemble. Moi je suis allée au Canada et en Italie et j’y ai découvert plein de nouvelles techniques. C’est là que je me suis dit : « mais en fait, c’est ça qu’il faut. C’est recréer du lien entre des jeunes qui veulent s’installer et des paysans déjà en exercice et qui ont besoin d’aide pour faire une transition au sein de leur système ». Je voulais m’investir pour redonner aux gens envie de s’installer [en agriculture] et me permettre à moi de faire ce que j’avais envie à savoir, m’installer [dans une ferme] et promouvoir une agriculture restaurative.

On s’est alors dit qu’il fallait qu’on crée une formation d’un an, pour faciliter ces synergies et susciter des vocations. Il y a eu aussi un besoin d’accompagnement chez les jeunes qui s’est fait sentir. On lance une première promotion, et notre idée c’est d’essaimer par la suite et que ça devienne viral.

Tout ça s’est construit au fur et à mesure et je ne me vois pas autre part.

Qu’est-ce qui t’a été le plus utile dans ton parcours pour trouver ton job actuel ?

Ce qui a été utile ça a été pas mal de réseau, d’aller sur des forums d’orientation.

Peux-tu décrire ta journée type de pépite ?

Mon rôle sur l’année, ça va être de trouver un modèle qui soit duplicable, travailler à un mode d’emploi, un annuaire de personnes à contacter, et en fait travailler à ce qu’est un emploi-type, une semaine-type.

Estimes-tu être bien payé.e ?

L’objectif pour nous avec l’EAV c’est qu’on puisse vraiment se sortir deux salaires, d’abord au SMIC, à Opaline et moi. On a énormément travaillé sur les financements les six derniers mois. L’objectif c’est de pouvoir en vivre, si on veut que ce soit pérenne, il faut qu’on puisse se rémunérer. Mais je n’ai pas d’objectif de salaire en tête, comme j’aurais pu avoir en sortie d’école, pour moi ce n’est pas le plus important. Je savais que je pouvais prétendre à un salaire plus attrayant, mais j’ai besoin d’un job qui corresponde 100% à mes valeurs et c’est ça qui pèse plus dans la balance, que l’aspect économique.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Pour l’alternance, ne pas désespérer, faire jouer le réseau sur Linkedin, contacter d’anciens élèves. L’alternance ce ne sera pas forcément votre métier de rêve, mais trouver une entreprise apprend toujours beaucoup.

Pour ce qui est de votre job, ne pas baisser les bras, toujours chercher de nouvelles choses tant que vous ne vous sentez pas à votre place, il ne faut pas hésiter et aller essayer de nouvelles choses. Solliciter des gens qui peuvent vous éclairer dans les forums, dans les associations, il y aura toujours des gens pour vous aider.

J’invite aussi tout le monde à se poser les questions que Claire soulevait dans son article : quelles sont vos valeurs ? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? Ça peut prendre un peu de temps de trouver toutes les réponses mais ça vaut le coup.

Enfin, conseil pour les filles : c’est possible, il faut y aller, il faut oser !

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