Louis Stelian, responsable développement durable UNIMEV

Responsable développement durable, c’est tout un programme. Comment, au sein d’une entreprise, d’un projet ou d’une communauté, on se débrouille pour faire exister les enjeux de la transition écologique au quotidien ?

Louis Stelian, 27 ans, nous raconte en quoi consiste sa mission de responsable développement durable chez UNIMEV.

Quel parcours, quelles compétences et quel impact ? Cette semaine, on apprend avec un professionnel les enjeux de son métier ! 🍃

Ca y est, le média des Pépites Vertes reprend la publication des portraits des jeunes pros qui font la transition écologique ! Aujourd’hui, c’est Louis Stelian, notre yvelinois (7-8) de 27 ans qui nous parle de son métier de responsable développement durable. Au lycée, Louis envisageait de devenir médecin, avec une idée simple en tête : aider les gens. Il a trouvé une autre façon de le faire, en s’engageant professionnellement, et à fond, dans la transition écologique. Avec un pied ancré dans le sol breton, il a vu l’urbanisme non contrôlé et les tempêtes transformer le littoral au fil des années. Oeuvrer au développement durable dans le secteur de l’événementiel, c’est sa contribution à la transition et c’est de ça qu’il nous parle aujourd’hui.

Bonjour Louis ! Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

J’ai étudié à l’Institut Supérieur de l’Environnement, me permettant d’acquérir un socle de connaissances en ingénierie de l’environnement (microbiologie, chimie & physique appliquées à l’environnement, pédologie, droit…) le but était de connaître les interactions du vivant et l’impact de l’activité humaine. Donc oui, relativement concerné !

L’Institut Supérieur de l’Environnement est une école de management privée à Versailles. Elle propose des formations allant du bac +2 au bac +5 et forme notamment aux métiers de responsable développement durable, de chargé.e RSE ou encore de chef de projet. L’approche pluridisciplinnaire évoquée par Louis est un atout important pour ce métier, mais il n’y a pas de voie unique.

L’autre moyen d’acquérir cette approche plurielle, c’est clairement les expériences de terrain ! Avant d’en arriver là, Louis les a multipliées, et à chaque fois, il s’agissait de faire le lien et de mobiliser une communauté autour d’un enjeu. Au sein du centre socio-culturel, il sensibilise les habitants de Trappes aux enjeux climatiques et à comment porter le changement à son échelle. A l’UNESCO, il est le pont entre l’institution et les ONG qui la sollicitent, en faisant en sorte de prendre en compte leurs attentes. Et en Australie pour finir, où il participe à la mise en place de programmes communautaires pour la préservation du littoral. La clé pour un métier comme responsable développement durable, c’est aussi l’agilité, et ça se cultive !

On veut comprendre ce que tu fais ! Comment ça se passe au quotidien ?

Je n’ai pas vraiment de journée type, c’est ça aussi être une pépite ! Savoir jongler entre tous les tableaux, le but étant de contribuer dans un ensemble cohérent. Mais mon travail consiste majoritairement en la production de documents d’expertise, de notes d’analyse, le but étant de faire prendre conscience et d’embarquer la communauté autour de ces enjeux et de les matérialiser en déclinaisons opérationnelles qu’ils pourront mettre en place.

Louis bosse à l’UNIMEV, c’est-à-dire l’Union Française des Métiers de l’Evènementiel. Concrètement, c’est une fédération qui rassemble les associations pros du secteur et travaille à la complémentarité des différents métiers. Ces dernières années, le secteur de l’événementiel s’est lui aussi mobilisé pour verdir ses pratiques et intégrer les enjeux environnementaux dans ses activités. C’est là que Louis intervient : être responsable développement durable, c’est accompagner la transition de son secteur ou de son organisation (entreprise, collectivité, etc.) grâce à son expertise scientifique.

Avec la pression conjuguée des normes environnementales et de la prise de conscience, de plus en plus de secteurs, de boîtes, d’organisations privées comme publiques veulent accélérer leur transition, et ont besoin de profils capables de faire le pont entre la maîtrise technique des enjeux écologiques et leur fonctionnement interne.

C’est quoi les compétences d’un responsable développement durable ?

Pour transformer les pratiques au sein de son environnement ou de sa communauté, il faut naviguer dans tous les domaines. Le métier de responsable développement durable fait appel à des compétences très variées : pour agir sur l’impact de son organisation, il faut pouvoir jouer un rôle à tous les niveaux.

Louis nous explique que les compétences techniques essentielles vont nécessairement de pair avec les compétences de la vie de l’organisation, comme la gestion de projets ou la création de partenariats et d’événements, Pour transformer son organisation, il faut aussi savoir transmettre sa connaissance. Un responsable développement durable, c’est donc un pédagogue qui sait s’adapter à ses interlocuteurs pour en faire des acteurs du changement à leur échelle. Pour Louis, savoir communiquer à l’écrit comme à l’oral est indispensable au quotidien. Quand on lui demande ce qui a été le plus utile dans son parcours, il répond sans hésiter :

Clairement mon parcours scientifique et ma méthodologie d’analyse moins formatée « bureau ». Lorsqu’on traite d’environnement avec des professionnels il faut savoir faire parler les chiffres et les bons !

Transversal, mais pas seulement : c’est aussi un métier créatif ! il faut être capable d’imaginer des solutions adaptées, dans des domaines où il y a parfois tout à inventer. Enfin, les soft skills jouent un rôle particulièrement important pour naviguer au sein de l’organisation : négociation, travail d’équipe et réseautage sont autant de qualités qui font toujours la différence. D’ailleurs, si tu cherches à savoir ce que ça veut dire de se construire un réseau, on a sorti un article sur la question avec plein de conseils récemment !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Le fait de tout donner pour pouvoir mobiliser les gens autour de sujets essentiels pour l’avenir.

Ce qui est le plus difficile est parfois le déchirement entre l’engagement personnel et la réalité professionnelle où il faut parfois savoir faire preuve de plus de patience.

Parlons CASH! Ca paye bien responsable développement durable ?

Je pense que l’essentiel est de faire un travail qui nous plait et dans lequel on se sent épanoui. L’esprit d’entreprenariat est quelque chose à vouloir pour pousser les murs et ne pas se cantonner à sa « fiche de poste » et c’est souvent ça qui fait tendre à un meilleur salaire, donner avant de recevoir. Au-delà, je serai prêt à être moins bien payé typiquement pour travailler à mon compte ou avec des ONG.

Et pour finir, petit coup d’oeil à la boule de cristal ! Où est-ce que tu te vois dans quelques années ?

Mon rêve est de réaliser un documentaire en faisant le tour de France (pour commencer) à vélo pour aller à la rencontre des change makers et sensibiliser sur les enjeux et changements structurels à venir.

La mine d’or de notre responsable développement durable

L’alchimiste de Paulo Coelho

Le rapport Limits to growth

Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens

Jean Marc Jancovici, conférences et site internet ;

Des études de cas sur l’érosion du littoral et la sédimentologie ;

Beaucoup de TedX et de Thinkerview ;

Le contact avec les animaux et la nature au sens large !

Envie de poser d’autres questions à Louis sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !

Vous pouvez rejoindre Louis, et des dizaines de jeunes pros engagés dans la transition écologique, au sein de notre réseau, Le Club des Pépites !