Quentin, 23 ans, ingénieur économie circulaire à l'ADEME

Devenir ingénieur sans s’interroger sur les enjeux environnementaux, c’était impensable pour Quentin Tizon. Avec son parcours riche tissé d’alternance et d’entrepreneuriat, il a décidé de se mettre au service de l’ADEME, l’agence publique de la transition écologique en France. L’ingénieur chimiste compte bien être réactif dans la transformation écologique qu’il contribue à accélérer au quotidien. 🍃

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

J’aimais bien la chimie et les plantes. Je crois que l’idée à la base c’était donc de faire de la phytochimie, c’est-à-dire de la chimie à partir du végétal.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

J’ai fait une classe préparatoire en physique – chimie puis une école d’ingénieurs en chimie, l’ECPM Strasbourg. J’y ai étudié la chimie et donc la matière sous tous ses angles.

Je n’ai pas vraiment été formé aux enjeux de transition dans le cadre de ma formation mais ça a été largement rattrapé par le temps passé à titre personnel à me renseigner.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’étais président de l’association sportive de l’école, ce qui m’a fait grandir et prendre confiance. Et j’ai fait ma dernière année en alternance dans l’industrie en tant qu’ingénieur en analyse du cycle de vie et éco-conception.

C’est là-bas que je me suis fait les dents sur l’évaluation environnementale et la prise en compte des enjeux environnementaux dans les entreprises. Je suis arrivé dans cette entreprise de packaging cosmétique au nord de la Normandie et on m’a chargé de développer l’éco-conception sur le site, et de mettre à disposition des solutions pour réduire les impacts environnementaux des produits. Je faisais aussi pas mal de formations pour le personnel, des interventions avec les clients, des rencontres avec les fournisseurs.

Mais bien que ce type de poste soit très excitant, il peut aussi devenir assez frustrant. En effet, j’étais autonome, je proposais beaucoup de solutions soutenues par des études fiables, mais je n’avais pas de responsabilité directe sur l’activité de l’entreprise. Ces solutions restaient donc souvent dans un joli dossier sur l’ordinateur ou sur une présentation pour un client, même si j’ai obtenu plusieurs fois des résultats dont je suis fier.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Pour le coup, il n’y a pas vraiment eu de déclic. J’ai toujours aimé la nature et ma prise de conscience des enjeux environnementaux a grandi crescendo jusqu’à ce que je ne puisse plus le cacher, par pudeur ou manque de confiance.

Mais je dois avouer que les conférences et cours de Jean-Marc Jancovici ont beaucoup participé à cette prise de conscience sur la enjeux énergie-climat.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Ma journée type est derrière l’ordinateur pour l’instant. J’appelle des entreprises pour leur parler de leur transition écologique et des dispositifs d’accompagnement de l’ADEME, j’instruis des dossiers déposés par ces mêmes entreprises, je contacte mes collègues experts de l’ADEME sur des thématiques précises.

L’ADEME, c’est l’agence de la transition écologique en France, donc une institution publique. On développe et transmet de l’expertise environnementale, technique et économique sur les solutions à mettre en oeuvre. Ca se traduit par exemple, par de nombreuses études menées par ou pour l’ADEME sur des sujets comme les systèmes de chauffage, la gestion des déchets, l’écoconception, la méthanisation, etc.

L’autre aspect, c’est d’accélérer la transition écologique en finançant des solutions adaptées et efficaces déployées par des entreprises, des collectivités territoriales ou des associations. Concrètement, cela se traduit par exemple par des appels à projets ou des appels à manifestation d’intérêt sur l’incorporation de matières plastiques recyclées dans les entreprises, la mise en place de mesures d’efficacité énergétique, le développement ou la modernisation de recycleries, etc.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

J’ai appris par moi-même des compétences en lien avec la transition : analyse de cycle de vie, bilan carbone, recyclage, etc.

Mon alternance a été un moment crucial dans mon apprentissage. A ce moment-là, l’éco-conception était encore un concept assez flou à mes yeux et je ne savais pas vraiment ce qu’était l’analyse du cycle de vie. Ça a donc été l’occasion de me former de manière intense avec des livres, des ressources en ligne, en appelant des collègues, etc. Puis je me suis vite rendu compte que pour éco-concevoir un produit, il fallait déjà savoir quels étaient les impacts environnementaux de ce produit aujourd’hui. J’ai donc récupéré un logiciel d’analyse de cycle de vie et j’ai évalué les impacts environnementaux de toutes les références standards de l’entreprise.

Mon expérience entrepreneuriale m’a aussi beaucoup appris. J’ai monté une entreprise, Ecostopa avec un ami, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises dans l’écoconception de leurs produits et le bon choix de leurs matériaux. À l’échelle mondiale, la part des émissions de GES causées par la production de matières est passée de 15 % en 1995 à 23 % en 2015 selon une étude de l’International Resource Panel. En proportion c’est équivalent aux émissions de GES produits conjointement par l’agriculture, l’exploitation forestière et le changement d’affectation des sols. Pourtant les problématiques environnementales des matériaux ont été beaucoup moins médiatisées.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est être au contact des entreprises et leur parler des enjeux de transition qui me sont chers.

Ce que j’aime le moins, c’est la lourdeur administrative des dispositifs de l’ADEME lié à son caractère public.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

« Ose assumer tes idées. Ça fait peur mais ça ouvre pleins de portes tu verras ! »

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Les ressources expertes de l’ADEME

Les cours et conférence de Jean-Marc Jancovici

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