Intéressé par l’apiculture depuis son adolescence, Pierre a commencer à se rémunérer de sa passion en parallèle de ses études. Après un cursus diversifiant les apprentissages, il a décidé de créer les Ruches Villette, pour produire son propre miel de Paris tout en faisant de la pédagogie sur les problématiques écologiques. Et comme un stage, un master et des ruches ne suffisent pas, Pierre a également co-fondé Chut, collectif dédié aux podcasts émergents qui accompagne les Pépites Vertes. Une interview mielleuse.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

À l’âge de 16/17 ans, j’ai décidé de consacrer mes samedis après-midi à l’apprentissage de l’apiculture. Au contact de professionnels, j’ai donc appris les bases théoriques et pratiques me permettant de concrétiser mes engagements de l’époque en faveur de l’environnement.

L’idée était donc de continuer à appréhender scientifiquement le monde qui nous entoure, mais également de comprendre comment les sociétés humaines s’y adaptent et agissent en retour sur le milieu.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

De ces goûts, expériences et constat, j’ai pris la décision de m’orienter vers un cursus scientifique post-bac (prépa BCPST), pour mieux comprendre le socle sur lequel l’ensemble des activités humaines reposent et leurs enjeux socio-politiques.

Cette volonté de compréhension m’a finalement amené à suivre une double-licence entre biologie à la Sorbonne et sciences sociales à Sciences Po. Alternant entre des cours d’écologie, d’histoire, d’immunologie ou de droit, ce parcours m’a permis d’aborder chaque question avec différents prismes, tous complémentaires.

Je termine ma scolarité avec un master interdisciplinaire qui allie design, sciences sociales et politiques et innovation (master Innovation et Transformation Numérique) à Sciences Po. On aborde le sujet de la transition lors de nombreux cours, puisqu’on questionne le sens même de l’innovation et du numérique avec les profs. Un exemple de livrable qu’on a du faire est une design fiction sur le futur de l’alimentation, et on y avait intégré les enjeux des limites planetaire, de l’acceptation sociale.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’ai eu de nombreuses expériences de bénévolat qui m’ont amené à entrevoir les limites d’un modèle en crise. Ce qui doit rester une réponse à une situation d’exception devenant une solution « pérenne » dans le temps, j’ai rapidement réalisé que les leviers d’action les plus importants étaient ailleurs, dans la redéfinition même du modèle en place.

En parallèle de mes cours, j’ai également perfectionné ma pratique apicole avec un apiculteur bio proche de Paris (Les Ruchers du Dourdannais), que j’ai élargi avec plusieurs expériences en maraîchage et en AMAP.

Aussi, je suis un grand passionné de podcasts. J’en avais créé un il y a deux ans (Les Oreilles Balladeuses), et aujourd’hui je lance avec mon amie Margaux un collectif de podcasteurs émergents, pour aider les néo-créateurs de contenus à bien diffuser leurs émissions. Ca s’appelle Chut et… il parait que les Pépites Vertes font partie du collectif !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Je ne vois pas dans la transition une opportunité. Je me suis engagé dans une voie qui n’était pas reconnue ou comprise à l’époque, mais qui, devant l’urgence de la situation actuelle, me semble être de plus en plus valorisée.

J’estime avoir de la chance que mes passions d’alors puissent aujourd’hui devenir de véritables voies de transition désirables.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

La journée type de l’apiculteur est calquée sur le rythme des saisons et de la météo, comme pour ses abeilles. Durant la saison apicole (mars-octobre), je visite donc mes différents ruchers (dans Paris et dans l’ouest de la France) afin de contrôler mes colonies, m’assurer de leur bonne santé, leur ajouter de la place si elles en ont besoin.

Lors de la récolte (mi-mai et début juillet les bonnes années), vient alors le moment de l’extraction du miel des cadres de cire grâce à différentes étapes avant de faire couler le miel dans chaque pot.

J’organise également des ateliers de découvertes et de formations à l’apiculture qui permettent de donner à voir la réalité vécue par les abeilles, de la difficulté des colonies à survivre dans des environnements toujours plus affectés par les destructions humaines. En plus de former ces personnes, ces ateliers d’initiation permettent de dépasser la seule question apicole et d’ouvrir le débat sur des problématiques écologiques et sociales beaucoup plus larges.

Pour ma part, je fais ce métier en parallèle de mes études et je me pose beaucoup de questions sur la place que prendra cette activité dans ma vie professionnelle quand je me lancerai à 100% dans la vie active !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Le miel, les rencontres, le partage de connaissances réciproques, être dehors, et souvent en pleine nature.

Parlons CASH ! Quel est pour toi l’équilibre idéal entre sens & rémunération ?

La rémunération ne doit pas conditionner l’investissement professionnel, mais est un élément à prendre en compte. Pour passer de la passion individuelle, à la réussite d’un projet touchant un collectif plus large et pérenne dans le temps, une rémunération suffisante est essentielle, au moins pour amortir les frais avancés.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Parle moins et écoute, sans oublier d’agir. Tu ne seras jamais le meilleur dans un domaine pré-établi, alors élargis ton spectre pour avoir une approche unique.

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

La pensée écologique de Pierre Rabhi et de Baptiste Morizot (le dernier Socialter est incroyable à ce sujet !), l’urgence qui se dégage des livres de Pablo Servigne.

Je conseillerais aussi de prendre du temps pour observer les milieux écologiques, et de mon côté la musique électronique/techno m’a aussi aidé à libérer l’énergie dont j’avais besoin.

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