Avec cette nouvelle série d’articles, on donne la parole aux membres du Club des Pépites pour qu’ils partagent leurs conseils et leurs perspectives sur l’orientation.

Mot d’ordre: rien n’est figé, la route est parfois longue et tumultueuse, mais on est ensemble.

Cette semaine, Audren Letellier nous raconte son parcours depuis Barcelone ou elle est manager RSE & RNE chez Rzilient. Pas trop sûre de ce qu’elle voulait en sortant du lycée, Audren est allée en prépa pour se laisser toutes les portes ouvertes. Après un Master spécialisé dans une école de commerce, elle a trouvé sa voie. Audren est convaincue que d’une manière ou d’une autre, elle aurait fini par travailler dans le secteur et le métier qui lui correspondent vraiment.

Cet entretien a été réalisé par Lucas von Thümen, membre du Club des Pépites!

Salut Audren ! Tu en étais où toi, dans ta vie, à l’ouverture de Parcoursup ? C’était quoi tes envies et tes objectifs ?

À l’ouverture de Parcoursup en 2015, j’étais en terminale ES au Lycée Franco-Allemand de Buc (Yvelines) et je me posais des questions sur la suite de mes études. Vraiment pas d’idée précise en tête, donc.

J’avais le goût de l’école, de l’apprentissage… et de bons résultats. Le format du lycée me correspondait bien. En seconde, la découverte du monde économique et de la sociologie en SES m’a beaucoup plu. Cette matière m’a ouvert de nouveaux horizons, mais pas de quoi en faire un projet professionnel non plus. Continuer sur un parcours généraliste était une décision raisonnable. Si tout se passait bien, ça me permettait de garder “toutes les portes ouvertes”. J’ai trouvé conseil auprès de mes professeurs qui me suggèrent de faire une classe préparatoire (prépa). Mes parents n’étaient pas familiers de ce type de parcours et il a fallu les convaincre.

Tu as fait quelle formation ? C’était ton premier choix ?

J’ai suivi les conseils de mes profs et décidé de faire une CPGE (Classe Préparatoire aux Grandes Écoles) avec un cursus ECE (économique et commercial voie économique). J’ai eu mon premier choix et intégré le lycée Hoche à Versailles – en restant dans les Yvelines donc. Et malgré ce que l’on peut entendre sur les prépas, ces deux années de CPGE ont été formidables pour moi. Pour la plupart des élèves, c’était très dur. Tout le monde se fixait des objectifs très exigeants et la charge de travail est monumentale quand on n’arrive pas à prioriser ses tâches. Moi, j’étais là pour apprendre des choses avant tout, sans objectif précis à l’horizon. C’était le bon équilibre à avoir. La preuve, ça c’est super bien passé.

Après passage des concours aux grandes écoles, j’ai réussi à intégrer l’ESCP Paris en Bac+3 pour trois ans avec une année de pré-Master et un Master en deux ans spécialisé en Sustainability.

C’est quoi le cours que tu as préféré lors de ta formation ? Que tu as le moins aimé ?

Avec la CPGE, puis le Master à l’ESCP, j’ai eu le temps de voir plein de matières – des plus académiques en CPGE, aux plus appliquées au monde de l’entreprise à l’ESCP.

J’ai particulièrement aimé les matières en classe prépa: ESH (économie, sociologie et histoire), les langues, ou encore culture générale. Une fois arrivée à l’ESCP, c’était une autre histoire. Le tronc commun des matières de Gestion (Management), parmi lesquelles la comptabilité, la finance, ou encore le contrôle de gestion, ne m’a pas vraiment plu. C’est pour cette raison que j’ai vite choisi de me spécialiser en Sustainability pour explorer et traiter exclusivement des concepts qui me passionnent.

C’est quoi ton métier aujourd’hui ? Quelles compétences utilises-tu ?

Aujourd’hui, je suis Manager RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et RNE (Responsabilité Numérique des Entreprises) chez Rzilient à Barcelone, une start-up spécialisée dans l’informatique reconditionné et le numérique responsable.

À partir d’un référentiel RSE avec des objectifs sociaux et environnementaux précis (ex: une trajectoire de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030 ou 2050), je dois mener Rzilient vers l’atteinte de ces objectifs. Je dois faire en sorte que la RSE soit la ligne directrice de tout ce qu’il se passe dans l’entreprise. Je suis aux manettes de cette démarche qui est très transverse et au contact de tous les métiers: ressources humaines, équipes opérationnelles, techniques, marketing…

C’est un métier où “on ne nous attend pas”. C’est à moi d’aller chercher les personnes et de m’assurer que les objectifs sociaux et environnementaux sont au cœur de leurs missions au quotidien. Donc un boulot qui implique beaucoup de relationnel, de savoir-être et d’autonomie. Il faut être proactif, savoir interpeller les autres et être force de proposition. Une autre compétence clé à ce poste est certainement la pédagogie : avoir le goût de la transmission, de l’acculturation d’un public et de l’accompagnement dans l’évolution de ses pratiques.

Quelle est ta dernière grande réussite au travail, quelque chose que tu as accompli et qui t’as rendue fière ?

C’est un projet en cours, le plus gros dossier sur lequel je travaille depuis août 2021: la labellisation “Numérique Responsable” de Rzilient ; un projet que je porte toute seule et qui est clé pour la légitimité de l’entreprise et la reconnaissance de son expertise.

Quel conseil donnerais-tu au toi de 18 ans qui s’inquiète devant Parcoursup ?

Je ne veux pas donner un conseil bateau, mais je me dirais que “tous les chemins mènent à Rome” et surtout, de ne pas m’inquiéter. Ne pas avoir peur de se chercher et de prendre le temps nécessaire pour. Peu importe le parcours, j’aurais certainement fini par travailler dans le secteur et le métier qui me correspondent. J’ai fait une CPGE puis une école de commerce, mais le chemin aurait pu être tout autre. Je n’aurais pas parié sur le numérique responsable, encore moins dans une start-up à Barcelone.

Chaque parcours a ses richesses et ses différences, mais je pense que je serais arrivée au même endroit.

Est-ce-que tu as une ressource à recommander sur la transition ?

Les travaux de Origens Medialab. Les chercheurs de ce laboratoire abordent la transition écologique et sociale d’une façon singulière, en parlant notamment de “redirection écologique”. Une approche plus parlante, qui a réussi à me faire changer de regard sur la transition.

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