Perrine Gilles

Longtemps attirée par l’humanitaire, c’est dans le domaine des énergies renouvelables que Perrine Gilles a finalement trouvé un moyen concret de mettre son expertise d’ingénieure au profit de projets de terrain d’utilité publique.

Ses talents, elle les mobilise aujourd’hui en tant que Chargée de Développement au sein de l’équipe d’Inuk, une start-up qui propose aux entreprises et particuliers de contribuer à la réduction des émissions de carbone en finançant des projets 100% dédiés aux énergies renouvelables, en France et en Europe.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Au lycée, je n’avais qu’une envie : faire des missions humanitaires à l’autre bout du monde. Pas forcément dans le médical ou dans la biodiversité, je voulais, à l’époque, aider les populations dans leur vie quotidienne : eau, électricité, alimentation, cuisine, … Le plan c’était donc de faire une école pour me former aux métiers de l’humanitaire. Et puis là, mes parents m’ont dit : « l’humanitaire c’est bien au début, mais tu ne vas pas en faire une carrière ; fais d’abord des études que tu pourras appliquer au domaine de l’humanitaire ».

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après le BAC, j’ai fait deux ans de prépa, et j’ai intégré une école d’ingénieur : les Arts et Métiers. C’est en prépa que j’ai découvert les énergies renouvelables, et lorsqu’il a fallu faire un projet pendant ma deuxième année, c’est le sujet que j’ai choisi. Aux Arts et Métiers, on touchait un peu à tout, sans se spécialiser dans rien : mécanique, fonderie, trésorerie, électricité, forge… tout ! Moi je me suis perdue dans cette formation, et c’était plutôt loin du futur que j’envisageais. Alors pour ma troisième année, j’ai posé mes valises à Edimbourg pour suivre un Master dans les énergies renouvelables, et là c’est la révélation : je fais que ce que j’aime, je peux coupler mes études avec des projets humanitaires pour des associations ; bref je m’éclate !

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’ai toujours choisi mes expériences en fonction de mes valeurs. En prépa, pas trop le temps de faire autre chose à côté ; en école d’ingé, j’ai fait mon premier stage au Sénégal : on a monté un mur de 3m de haut et 300m de long pour une ferme innovante. C’était une grosse remise en question : vivre un mois sans eau courante et électricité, apprendre la culture si différente de notre hôte, voyager à 8 dans une voiture pour 5… J’ai pris conscience qu’il y avait tant de choses à faire. J’ai fait un deuxième stage de 3 mois dans une petite structure de gestion énergétique des bâtiments, c’était une première expérience en entreprise super enrichissante mais pour moi, « juste » gérer l’énergie, c’était pas assez. Après mon année à Edimbourg, j’ai fait la rencontre de Inuk : une start-up qui venait d’être créée et qui proposait une contribution carbone totalement transparente grâce à des projets d’énergie renouvelable. J’ai commencé par un stage de 6 mois, et comme ça me correspondait tout à fait, j’ai poursuivi l’aventure !

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Le déclic c’était lors de mon voyage au Sénégal. Je me suis rendue compte qu’un simple panneau solaire aurait pu améliorer la vie des locaux ou qu’une pompe à eau aurait pu éviter à des filles de 10 ans de remonter l’eau du puits et de marcher jusqu’à chez elles. J’ai réalisé à quel point on était privilégié, alors j’ai voulu agir. Les énergies renouvelables, c’est le nerf de la guerre : il faudra toujours de la chaleur ou de l’électricité pour notre vie quotidienne, pour l’industrie ; et aujourd’hui, il y a beaucoup à faire pour aider et développer cette économie.

Comment as-tu trouvé ton job ?

J’ai répondu à l’offre de stage, puis ils m’ont gardée (et j’en suis bien contente !). L’offre était super attractive : de nombreuses tâches, très diversifiées, avec beaucoup d’autonomie, dans une équipe de 3 personnes. Bref, c’était une start-up qui était en train de se monter, dans un secteur qui me parlait : j’ai foncé !

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Aucune journée ne se ressemble, alors définir une journée type c’est plutôt compliqué… Concrètement, je vais travailler sur les bilans carbone de nos clients, je vais parler de contribution carbone (non, on ne dit pas compensation carbone) avec nos clients et prospects, faire beaucoup de pédagogie dessus. On va aussi débattre entre nous de ce sujet, il est si vaste et complexe qu’on n’a jamais fini d’en parler. Je travaille aussi sur notre partie technique, au développement de modules ou d’API (interfaces de programmation) qui permettent à certains de nos clients de minimiser leur impact sur la planète. Et puis je participe enfin à trouver de nouveaux projets d’énergie renouvelable sur lesquels on pourra sourcer nos crédits carbone.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Aujourd’hui, le plus utile dans mon job ce sont les soft skills : savoir parler à des clients qui ne comprennent pas ce qu’est la contribution carbone est plutôt challengeant ! Certaines connaissances des énergies renouvelables acquises lors de ma dernière année à Edimbourg s’avèrent parfois plutôt utiles également. Et puis, pour tout le reste, j’apprends au fur et à mesure !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus, c’est que j’en apprends tous jours sur l’empreinte carbone, le bilan carbone, les labels, le climat et l’environnement de manière générale. Je trouve ça hyper stimulant de ne pas toujours faire la même chose et d’acquérir des compétences et connaissances tout le temps. Ce qui me plaît moins, c’est toute la partie administrative… j’avoue que gérer des factures ou écrire des dossier de subventions qui font 30 pages, ce n’est pas le plus passionnant.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Quand j’étais au lycée, je n’avais pas encore conscience qu’on allait dans le mur, que c’était si urgent. On en parlait bien sûr, mais ça restait des mots et très peu d’actions. Je pense que je me dirais d’agir à mon niveau, qu’il y a toujours quelque chose à faire.

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Les sites de l’ADEME et de Carbone 4 sont des ressources infinies sur l’environnement. J’ai lu « On Fire » de Noami Klein qui m’a fait prendre conscience de la situation, et des actions des politiques. Et puis, il y a pas mal de podcasts ou vidéos TEDx sur le sujet, qui sont plutôt optimistes donc ça donne un peu d’espoir.

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