Pauline, 24 ans, chargée en éco-production

Inventer un nouveau job en alignant ses valeurs et sa passion ? Pauline nous montre aujourd’hui que c’est possible. Amoureuse du cinéma, elle constate sur le terrain que les enjeux environnementaux sont ignorés dans le milieu de la production. Sa mission est toute trouvée : après un BTS audiovisuel, elle s’engage professionnellement dans le secteur naissant de l’éco-production, c’est-à-dire l’invention de nouvelles manières de produire en limitant son impact environnemental ! Le parcours passionnant d’une passionnée pour inspirer les futures Pépites Vertes en quête d’alignement. 🍃

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

À ce moment là je me voyais déjà être la future Elise Lucet, j’étais très engagée politiquement parlant et mon père m’a beaucoup politisée étant jeune. Prise en prépa sciences po afin de plus tard tenter les écoles de journalisme j’allais commencer des études d’ampleur…

Mais, une belle après midi d’AP orientation, je scrolle les centaines de formation existantes et tombe sur BTS Audiovisuel. Tiens tiens, il existe des études hors fac cinéma pour travailler dans ce milieu…

Ayant toujours eu une passion pour le cinéma mais n’ayant personne autour de moi travaillant dans le milieu, je ne m’étais jamais projetée sur un plateau de cinéma. Journées portes ouvertes et là coup de coeur mutuel avec la prof, coup de foudre pour la formation ! Je suis prise en BTS Audiovisuel Gestion de la Production.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

J’ai donc fait un BTS audiovisuel option gestion de la production puis Licence pro Assistanat de réalisation.

Il n’y avait aucun rapport avec l’écologie dans mes études. Et justement, c’est au moment où j’ai commencé à travailler que je me suis rendue compte à quel point je n’appliquais pas mes valeurs personnelles dans mon travail : le cinéma n’est pas l’industrie la plus vertueuse à mon grand regret à ce moment là.

Je ne voulais pas travailler dans un milieu où je laissais tomber tous les changements que j’avais appliqué dans ma vie. Le cinéma m’a toujours fait rêvé jusqu’au jour où j’ai vu ce qu’il se passait derrière la caméra et c’est à ce moment là que j’ai eu envie d’agir !

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’ai monté une association avec des amis, dont quelqu’un que vous connaissez très certainement… Solal Moisan, le réalisateur de On est prêt. Le nom de l’asso est « Curieux », on fait des films, des ciné-concerts…

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Le film Demain a été mon déclic dans la vie personnelle, comme beaucoup à mon avis, pas très originale la meuf… Dans ma vie professionnelle ça a été mon premier boulot sur un long métrage diffusé en salle où là j’ai pu remarqué à quel point le milieu ne prenait pas en compte son impact environnemental et pour tout dire s’en b**** les c**** (sorry pour le langage) c’est à ce moment là où je me suis dit « Non, je ne travaillerai pas pour des films qui s’en râpent l’endive à en former des copeaux ».

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

J’ai pas vraiment de journée type mais en gros mon rôle et de sensibiliser, donner des clefs, monter des plans d’action, et faire des bilans pour rendre les films plus vertueux et aider les gens à changer leurs gestes et comportement au travail.

Je fais également des interventions dans des écoles, festivals où je parle de mon travail car l’écoproduction, les gens s’y intéressent depuis peu..

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Mes expériences de tournage qui me permettent de pouvoir observer et re-réflechir des réflexes qu’on peut avoir dans le travail.

Mon job, son intitulé, n’existe pas encore (la formation est en train de se créer youhou), donc je suis obligée de me gérer toute seule sans avoir de référence et donc également de créer mon poste et ses missions.

Mais sinon, en général dans le cinéma les rencontres et le réseau y sont pour beaucoup !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est que c’est un travail que les gens ne connaissent pas encore et qui est à créer, je me sens réellement utile car j’ai la chance d’être à la genèse d’un travail qui sera je pense très présent dans le milieu dans quelques années.

Le plus difficile est de voir que le chemin est long, voire très long pour certains et que des choses qui pour moi me paraissent basiques, le sont pas du tout pour beaucoup de monde..

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Franchement ma grande tu t’en sors pas mal ! u ne fais pas ce que tu pensais faire mais petit à petit tu te rapproches vers la personne que tu es et que tu as envie d’être au fond de toi !

PS : Arrête de douter de toi tu es exceptionnelle ahah !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Demain, Siddhartha, ma grand mère <3, Le Vortex, Dirty Biology, Les Parasites… Et du coup le collectif pour lequel j’ai bossé, et bosse toujours de manière différente : Ecoprod !

Envie de poser d’autres questions à Pauline sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !
Vous êtes une pépite et vous souhaitez remplir le formulaire ? RDV ici !