Avec cette nouvelle série d’articles, on donne la parole aux membres du Club des Pépites pour qu’ils partagent leurs conseils et leurs perspectives sur l’orientation.

Mot d’ordre: rien n’est figé, la route est parfois longue et tumultueuse, mais on est ensemble.

Cette semaine, Anita de Haro nous raconte comment elle a « truqué » Parcoursup pour fuir la prépa et aller à l’université. Après plusieurs changements de caps, elle a trouvé sa voie en tant que gérante privée.

Cet entretien a été réalisé par une Pépite membre du Club, Camille d’Houtaud.

Salut Anita ! Tu en étais où toi, dans ta vie, à l’ouverture de Parcoursup ? C’était quoi tes envies et tes objectifs ?

A l’ouverture de Parcoursup, j’étais en Bac L. J’étais plus enthousiaste à l’idée d’avoir 18 ans, de profiter de la vie et de mes amis que de faire des plans précis sur mon avenir. Je n’avais pas de passion particulière mis à part celle de profiter de l’instant présent.

J’ai donc décidé de me laisser porter avec en tête quelques lignes directrices :

  • Choisir des études qui me permettront d’aller jusqu’au niveau master (cela me paraissait une évidence et je ne me voyais pas faire autre chose, notamment influencée par les parcours de mes parents)
  • Bien gagner ma vie
  • Pouvoir profiter avec mes amis, sans trop de contrainte

Pour le reste, je voulais une formation peu contraignante, qui ne m’obligerait pas à passer des heures sur mes révisions, au détriment du reste.

Tu as fait quelle formation ? C’était ton premier choix ?

La fac de lettre me paraissait remplir tous les critères que j’avais en tête car j’aime la littérature, ça me laissait suffisamment de portes ouvertes pour la suite ainsi que tu temps libre pour l’instant présent. Seulement, mes parents et de mes professeurs ont insisté pour que je fasse une prépa. Malgré leurs conseils, je n’en n’avais pas l’envie et surtout je n’avais aucune motivation à intégrer une formation si contraignante. Alors, pour ne pas faire une prépa, j’ai « truqué » APB en mettant en premiers vœux les prépas les plus sélectives de Paris afin d’être sûre de ne pas être retenue. Et j’ai finalement été très heureuse d’intégrer la licence lettres modernes de l’université Paris 7 Diderot.

J’ai vécu plusieurs changements de cap pendant mon parcours. Le premier lorsque j’ai réalisé que je n’arrivais pas à me projeter vers un métier après ma licence de lettres, j’ai alors repris en première année une école de commerce généraliste. C’est OK de changer d’avis.

Le deuxième après mon master en alternance en banque privée : dans une grande entreprise, je me sentais déconnectée des rapports humains. Il s’en est fallut de peu pour que je hisse la grand-voile direction un CAP cuisine ! J’ai finalement laissé sa chance à la voie dans laquelle je m’étais engagée en faisant un master spécialisé en gestion de fortune à l’ESCP Business School à Paris.

C’est quoi le cours que tu as préféré lors de ta formation ? Que tu as le moins aimé ?

Mon cours préféré était le cours de fiscalité des personnes : on y apprend à calculer les impôts en fonction des revenus de la personne. Comme quoi rien n’est figé, moi qui détestais les maths au lycée !

Le cours que j’ai le moins aimé est celui sur les retraites, 42 régimes différents en France, il y a de quoi se faire des nœuds au cerveau.

C’est quoi ton métier aujourd’hui ? Quelles compétences utilises-tu ?

Je suis gérante privée. Je conseille les particuliers sur le placement de leur épargne sur les marchés financiers avec en ligne de mire : la transparence sur leurs investissements et un portefeuille d’entreprises sélectionnées pour leur engagement social et environnemental (ce qu’on appelle l’ISR : Investissement Socialement Responsable).

Mon objectif est de démocratiser la gestion privée : que tu en aies ou que tu n’en aies pas, gérer son argent c’est toujours un sujet et aussi un formidable levier pour accélérer la transition écologique !

J’utilise beaucoup de compétences relationnelles dans mon métier, c’est l’aspect que j’apprécie le plus. La gestion de son argent est tellement intime (et tabou !) que lorsque mes interlocuteurs m’en parlent, finalement ils me parlent de tout. A moi de savoir prendre du recul sur leur situation puis d’utiliser mes compétences financières et d’analyse pour identifier les meilleurs placements.

Quelle est ta dernière grande réussite au travail, quelque chose que tu as accompli et qui t’as rendue fière ?

J’ai récemment organisé un évènement « l’afterwork gestion privée » pour lequel j’ai réuni une vingtaine de jeunes ayant entre 18 et 25 ans autour d’un cocktail pour leur présenter ce qu’est la gestion privée. Bien sûr j’étais super stressée mais le nombre de retours positifs et l’intérêt de tous les participants pour la démarche responsable de mon entreprise en fait aujourd’hui une de mes plus grandes fiertés professionnelles.

En dehors de cela, je suis fière d’avoir choisi l’entreprise dans laquelle je travaille car ce n’est pas commun dans le milieu des marchés financiers d’avoir un vrai engagement de toutes les équipes et de pouvoir réellement changer les choses au travers de l’épargne.

Quel conseil donnerais-tu au toi de 18 ans qui s’inquiète devant Parcoursup ?

Je dirais à la Anita de 18 ans d’oser, qu’on a toujours plus à gagner qu’à perdre à se tromper. Je lui dirais aussi qu’elle a le temps, j’ai eu la chance de croiser des étudiants beaucoup plus âgés que moi lors de mon année à Berlin et qui trouvaient seulement leur voie à ce moment-là.

Est-ce-que tu as une ressource à recommander sur la transition ?

Le FIR, qui est une association qui a pour objectif de promouvoir et développer l’investissement responsable, propose une plateforme d’offres d’emploi et de stage qui pourrait peut-être aider certains de nos lecteurs à trouver leur voie :

Envie de poser d’autres questions à Anita sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !