Noemie Morel

Nous voici aujourd’hui avec Noémie Morel, chargée de mission Eau et Littoral à France Nature Environnement Pays de la Loire, une association de protection de l’environnement. Au quotidien, Noémie assure la coordination de bénévoles, suit des dossiers sur divers thèmes liés à la protection de l’eau, y apporte ses compétences juridiques, rédige des prises de position pour des décideurs, et participe à la sensibilisation du grand public. Bref, elle a plein de choses passionnantes à raconter, et on a de la chance, c’est au creux de l’oreille des Pépites Vertes qu’elle est venue le faire ! 🌊📝

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Après le bac, je n’étais pas spécialement engagée dans la protection de l’environnement, je m’intéressais peut-être davantage aux questions sociales et sociétales. J’ai toujours aimé la nature et les animaux mais ma prise de conscience de l’importance de protéger l’environnement est venue progressivement.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après un bac ES, j’ai fait une classe préparatoire littéraire, dans l’objectif initial de préparer les concours pour Sciences Po. J’ai finalement préféré me diriger vers la fac de droit. Au fur et à mesure de mon cursus, et en parallèle de ma prise de conscience écologique, je me suis spécialisée jusqu’à obtenir un master II en droit de l’environnement.

Je suis également partie un an en Erasmus dans le nord de la Norvège où j’ai pu étudier des matières en lien avec l’environnement (droit de la mer, droit de l’énergie), tout en profitant de l’environnement arctique exceptionnel dans lequel je me trouvais. Ça a vraiment renforcé mon sentiment d’attachement à la nature, ainsi que ma conscience de sa fragilité.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Je n’ai pas trouvé le temps de m’investir de manière pérenne dans une association pendant mes études. J’ai fait quelques actions spontanées avec UNICEF au lycée, avec la Ligue pour les Droits de l’Homme à la fac et dans une association zéro-déchet en Norvège.

Mon engagement associatif s’est concrétisé au moment de choisir mon stage de fin d’études: c’est à ce moment-là que j’ai rejoint France Nature Environnement Pays de la Loire. J’ai poursuivi cet engagement avec un volontariat en service civique dans cette même structure. Dans ce rôle, j’ai continué à suivre les dossiers sur l’eau et j’ai développé une plateforme qui s’appelle ‘Les Sentinelles de la Nature’ – elle permet de signaler les atteintes à l’environnement ainsi que les initiatives qui y sont favorables.

Quand un poste de Chargée de Mission Eau et Littoral s’est créé quelques mois après la fin de mon service civique, je n’ai pas hésité une seule seconde !

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

On peut dire que mes missions se répartissent selon trois grands axes:

  1. L’animation et la coordination des différents bénévoles membres de notre association qui suivent les questions de l’eau. Je les tiens informés des différentes actualités, je leur fournis un appui technique et juridique sur certains dossiers et je m’assure de la cohésion et du dialogue entre eux.
  2. Ensuite, j’assure le suivi de plusieurs dossiers à l’échelle régionale, toujours en lien avec des bénévoles. Il faut savoir que le droit prévoit la participation du public dans la prise de décisions environnementales et nous représentons la société civile soucieuse de la protection de l’environnement (je dirai même l’intérêt général à mon sens). Nous travaillons donc en lien avec les décideurs publics (représentants de l’État, collectivités territoriales) sur de nombreux sujets comme la pollution de l’eau par les pesticides ou les nitrates, la sécheresse et le changement climatique, la protection de la biodiversité et des zones humides…
  3. Enfin, je suis également chargée de missions de sensibilisation du grand public. Cela passe par la communication, la rédaction d’articles mais aussi des évènements pour aller à la rencontre des gens, comme des stands et des animations par exemple.
Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Ma formation juridique m’offre une base solide pour comprendre les enjeux des décisions et les compétences des différentes administrations ainsi que pour rédiger des prises de positions les plus pertinentes possibles. Mais ce que j’apprécie beaucoup dans mon travail, c’est qu’il me permet aussi d’aller au-delà du juridique. J’ai dû acquérir d’autres compétences nécessaires pour mon poste au fur et à mesure, en dehors du cadre universitaire. Et je continue à apprendre !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

J’aime beaucoup la multitude de missions en lien avec mon travail, leur diversité et leur complémentarité. Je ne m’ennuie jamais !

Par contre, c’est précisément ce qui peut aussi rendre la tâche difficile – on peut avoir l’impression de manquer de temps pour tout faire, malgré la volonté de toujours faire le plus possible car on sait que ça compte. Une autre difficulté, c’est qu’on aimerait que ça compte encore davantage, et c’est parfois frustrant de se mobiliser puis de voir qu’on n’est pas toujours suffisamment entendu, ou du moins pas autant qu’on le souhaiterait.

Parlons CASH ! Quel est pour toi l’équilibre idéal entre sens & rémunération ?

Le critère financier était secondaire pour moi. Je voulais en premier lieu que mon travail me permette d’œuvrer pour la protection de l’environnement.

On sait qu’on ne travaille pas dans le secteur associatif pour devenir riche, mais il faut que la rémunération reste décente et adaptée aux besoins du salarié. La prise de conscience écologique peut s’accompagner de la réduction de la consommation, ce qui aide peut-être niveau dépenses ! Dans tous les cas, la défense de la cause environnementale ne doit pas se faire aux dépens de la cause sociale ; je veux dire par là que les salariés associatifs méritent une rémunération correcte.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Je suis très heureuse d’en être là où j’en suis aujourd’hui suite à mon parcours juridique. Mais si j’avais eu la conscience écologique (et l’état d’esprit) que j’ai aujourd’hui, je me serais peut-être plus dirigée vers une filière technique, pour agir concrètement sur le terrain. Ou alors une filière scientifique, pour encore mieux comprendre toutes les complexités des fonctionnements écosystémiques.

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