Marion Laumonier est une passionnée : passionnée de paysages, de gens et d’agriculture. Cette amatrice de bons petits plats a choisi de s’engager auprès des acteurs de l’alimentation pour les accompagner dans le renouvellement de leurs pratiques, plus respectueuses de la planète. Cet engagement est loin d’être anodin, puisqu’en plus d’animer la chaîne de podcast Futuragri (en partenariat avec la Ferme Digitale) Marion rêve de monter sa propre ferme, et d’avoir les mains dans la terre.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

A l’époque, j’étais assez bonne élève mais je n’avais pas trop d’idée de ce que je voulais faire, je voulais continuer à explorer. Alors, le jour où j’ai su qu’à Sciences Po la 3ème année se faisait à l’étranger, j’ai saisi l’opportunité et j’ai foncé.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

J’ai réalisé mes études à Sciences Po. D’abord, dans un cursus généraliste, puis une spécialisation en master Stratégies Territoriales et Urbaines, parce que je voulais étudier les questions agricoles, sous le prisme du territoire. Dans ces questions agricoles la gestion du foncier est fondamentale et cristallise beaucoup d’enjeux. Je me suis dis que j’allais pouvoir étudier ces questions ainsi que la gouvernance locale de zones rurales. Bon, finalement ça ne s’est pas vraiment passé comme ça mais j’ai adoré ce master.

Je me souviens aussi m’être demandé un jour : quel sera le sujet majeur du XXIème siècle ? L’alimentation m’est apparue à l’époque comme le sujet qui allait devenir très important, car au cœur de beaucoup d’enjeux : comment nourrir toujours plus de personnes, avec moins de ressources ?

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Comme évoqué plus haut, est arrivée la troisième année, à réaliser à l’étranger. De mon côté, j’ai pu faire un stage de « woofing » (travail bénévole dans une exploitation agricole biologique, en échange du gîte et du couvert) dans une ferme en permaculture en Bolivie. Et là ça a été la révélation : j’ai dévoré des guides de plantations de salades comme des Harry Potter ! J’ai bêché sous 40°C et en voulant encore, j’ai rencontré des gens passionnants,… Bref, j’ai su à ce moment que j’allais clairement monter ma ferme plus tard ! Et puis j’ai laissé l’idée germer et je me suis dit qu’en ayant fait Sciences Po, j’allais pouvoir aider des gens à monter leur ferme, pour me former moi-même et apprendre beaucoup avant de me lancer.

Pendant mon master, j’ai également fait beaucoup de woofing en Sologne, où j’ai passé mes week-ends, ce qui a confirmé mon envie de mettre les mains dans la terre et accompagner tous ces fermiers passionnés et passionnants (et chez qui on mange trop bien !)

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Clairement la Bolivie ! Ca m’a mis une grosse claque sur le plan culturel, de découverte de nouveaux milieux naturels (la jungle, environnement le plus puissant de mon point de vue), de rencontres sociales, de langue, de mode de vie. Passer de ma petite banlieue dans le 94 à un village accessible seulement après un voyage de 24h en bus, et la découverte de l’agriculture dans tout ça, je n’ai pas eu d’aussi gros déclic depuis !

Comment as-tu trouvé ton job ?

Un copain de mon master m’a montré l’offre et m’a dit « Il est fait pour toi ce stage »! J’ai envoyé ma candidature 1h après. Ensuite, j’ai été recrutée par MiiMOSA à l’issu de mon stage.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Je développe et j’anime un écosystème de plus de 6 000 contacts et 2 500 structures (acteurs publics, associations, entreprises, banques, courtiers, incubateurs,…). Mon objectif au quotidien est de démocratiser l’utilisation du financement participatif dans le secteur agricole et alimentaire. Si on veut accélérer la transition dans ces secteurs, il faut donner accès aux agriculteurs et entrepreneurs de l’alimentation à des outils de financement adaptés (et on sait que les banques ne réagiront pas assez rapidement pour financer ces transitions). Ces outils doivent ensuite permettre de mettre en valeur les actions de ces acteurs. C’est exactement ce que permet MiiMOSA, sur des montants de 1 000 euros à 1 million d’euros et ce que j’essaie de faire comprendre à qui veut bien l’entendre 😉

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Je pense que ce qui m’est le plus utile aujourd’hui c’est ma passion pour le secteur. Quand je discute avec un interlocuteur ou interlocutrice (partenaire ou agriculteurs/entrepreneur), je bois ses paroles, je pose des questions, je m’intéresse beaucoup à lui ou elle. Aujourd’hui, j’ai accumulé assez de connaissances pour avoir du répondant. Je pense que c’est ce qui fait que j’entretiens des supers relations dans mon travail avec mes interlocuteurs. Je fonce et je me donne à 100% parce que ça me passionne et parce qu’il est urgent d’agir.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

J’aime rencontrer des gens, les écouter, apprendre d’eux. J’ai parfois l’impression d’avoir un sac dans lequel chaque coup de fil ou évènement, me permet de mettre une connaissance en plus dedans. Je me nourris littéralement de mes rencontres et c’est ce qui me motive au quotidien, à me donner à 100% pour permettre par exemple à un néo-rural de s’installer, et de réaliser le rêve que j’envisage moi aussi de réaliser plus tard.

Ce qui est plus difficile, c’est de répéter tous les jours la même chose. Au bout de 4 ans, de milliers et des milliers de présentations de MiiMOSA, c’est parfois un peu difficile de se renouveler. Mais c’est ça le job de Sales (ndlr. commercial) et ça vaut le coup car il reste beaucoup de personnes qui ne savent pas ou pas bien ce que l’on fait et ce qu’on peut leur apporter.

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

Continuer à travailler dans une entreprise qui a du sens, puis monter mon propre projet à la campagne, un tiers lieux hybride où il fait bon vivre. Mais pour ça, il faut d’abord 1. que j’ai du capital 2. que j’ai l’envie me « poser » et de quitter Paris, ce qui n’est pas au programme à court-terme.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Fonce et surtout « Le travail paie » : plus tu bosses et plus tu es au sommet donc fonce fonce fonce !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidés vers ce premier job ?

Le guide du maraîchage à Paris au XIXème siècle. Ma bible, qui symbolise parfaitement le moment où j’ai compris qu’être agriculteur c’était vachement plus passionnant que ce que l’on peut penser 😉

Envie de poser d’autres questions à Marion sur son parcours ? Ecrivez-lui ici!
Vous êtes une pépite et vous souhaitez remplir le formulaire ? RDV ici !