Marina

Marina Bonetto nous emmène aujourd’hui près des Pyrénées, au coeur du projet de Parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes.

Passionnée par l’archéologie, c’est lors d’un chantier que cette Pépite a pris conscience du lien existant entre le patrimoine archéologique et historique et l’aménagement du territoire pour répondre à la transition écologique et au développement durable. Aujourd’hui, elle participe à la construction du futur Parc naturel régional en tant que chargée de communication.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

En 2009, j’ai obtenu mon BAC ES au Lycée Jean de Prades dans le Tarn et Garonne, mon département de naissance. Tout au long du collège, lycée, j’adorais l’histoire, les langues et les sciences, cela ne m’a pas empêché d’avoir une note assez basse en Histoire au bac… Shame on me !

Je suis passionnée par les sciences archéologiques depuis mes 7-8 ans, grâce à ma maman qui m’avait acheté un livre à ce sujet. Ce rapport direct à la terre, à notre environnement et les liens entre êtres humains et sciences me fascine.

J’étais déjà très « terre à terre », c’est le cas de le dire, et je rêvais de découvrir tout un tas de choses!

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après le bac, j’ai rejoint l‘Université Via Domitia de Perpignan, rien que son appellation me faisait envie (la Via Domitia est cette voie romaine qui traversait la Gaule Narbonnaise pour relier l’Italie à la péninsule ibérique), je me disais que c’était sûrement le lieu idéal pour faire de l’archéologie.

J’ai donc intégré la faculté en suivant une licence en Histoire de l’art et archéologie, j’étais déjà passionnée par la partie “terrain” et la mise en pratique. J’ai pu choisir des options qui m’ont amenée à faire du tir au propulseur, apprendre à faire de l’industrie lithique, observer les roches gravées, tout cela en lien avec notre environnement actuel.

J’ai ensuite décidé d’entreprendre un Master en Archéologie préventive à l’université Paul Valéry III de Montpellier pour rentrer dans le vif du sujet, mieux appréhender la réalité de terrain et pouvoir maîtriser un panel de disciplines pour pouvoir exercer ensuite.

A cette époque, je ne pensais pas vraiment aux notions de transition écologique, bien que je faisais déjà pousser mes tomates cerises sur mon mini balcon d’étudiante, que j’adorais cuisiner mes propres plats et que je prenais le train pour voyager ! Ces notions de « transitions » n’étaient pas en vogue, mais de façon inconsciente je les mettais en application.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Tout au long de mes études, j’ai eu la chance de pouvoir faire du bénévolat au sein de structures privées ou publiques, ça m’a permis d’appréhender le monde du travail. J’ai également pu collaborer à des chantiers de fouilles avec le Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales auprès du Pôle archéologique, et c’est là que j’ai pu faire mes premiers pas en archéologie et que l’on m’a enseigné ces sciences environnementales.

Durant mes études, j’ai effectué deux stages obligatoires, l’un avec le Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, autour de la valorisation du patrimoine médiéval. L’autre chantier, réalisé auprès de l’INRAP (l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) était en rapport avec la transition écologique, et nous avons réalisé un ensemble de prospections pédestres et sondages archéologiques au cœur des vignobles catalans, sur des parcelles viticoles où allait être aménagé un parc éolien. C’est pendant ce chantier que j’ai réellement pris conscience du lien existant entre le patrimoine historique/archéologique et l’aménagement du territoire pour répondre à la transition écologique et au développement durable.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

En prenant du recul, je reste persuadée que j’ai toujours plus ou moins voulu faire un métier en rapport à la sauvegarde de notre passé et de notre environnement, un métier de médiation et d’interactions entre citoyens.

Ce qui m’anime c’est de déployer du lien par la communication, qu’elle soit virtuelle ou réelle. En 2015, j’ai aussi développé ma recyclerie virtuelle, un groupe (Faceboncoin 66) où les habitants peuvent recycler les objets qu’ils n’utilisent plus et qui peuvent servir à d’autres !

Après le cursus universitaire, et pour compléter ma formation, j’ai pu réaliser un service civique au sein de la Communauté de communes Agly-Fenouillèdes en tant qu’animatrice des patrimoines, ce qui a été une sorte de déclic. J’avais pour mission de faire découvrir au public le patrimoine culturel, paysager et naturel du Fenouillèdes. Cette mission de sensibilisation et d’éducation au territoire a été pour moi un point de départ vers ce qui me tenait réellement à cœur.

Comment as-tu trouvé ton job ?

Lorsque j’étais en fin de mission de mon service civique, je me suis rendue, en mairie de l’un des villages que j’animais et j’ai pu voir sur l’affichage public une offre de poste au sein de l’Association du Projet de Parc naturel régional.

Immédiatement, j’ai demandé au maire ce qu’il en était, j’ai pris en photo l’offre de poste pour y répondre ! Il s’agissait d’une offre très complète et pleine de polyvalence, tout ce que j’aime !

Le soir même, dans le gîte communal où j’étais hébergée, je rédigeais ma candidature, l’offre de poste m’ayant vraiment plu! C’est parfois lorsque l’on s’y attend le moins que l’on trouve notre bonheur…

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Je suis chargée de communication et animation. C’est un travail pluridisciplinaire, je mène une coordination entre les volontés politiques et les actions déployées en interne, que je retranscris auprès du grand public.

Très concrètement, c’est un job de coordination et de sensibilisation au travers des réseaux sociaux, de notre site internet, et des documents de valorisation. Je suis amenée à suivre des projets de l’idée à la réalisation jusqu’à sa diffusion finale, c’est un cheminement passionnant !

Je procède aussi à la rédaction de publications, d’articles de presse, de lettres d’information, je gère les relations avec les médias… En 2020 j’ai animé ma première émission radio dans « Le Mag de l’environnement » sur RCF Pays d’Aude! Je suis amenée à concevoir des supports papier, des visuels, affiches, flyers. J’ai aussi créé le logo du futur Parc naturel régional des Corbières-Fenouillèdes, un logo référencé auprès de l’INPI et marque nationale.

Sur le volet animation du territoire, il s’agit de mettre en place des animations nature qui puissent s’adapter à tout type de public, plus ou moins jeunes, plus ou moins sportifs ! C’est un véritable maillage d’acteurs que je dois mettre en valeur. L’objectif est de dynamiser ce futur Parc naturel régional au travers de sorties sur la nature (observation des oiseaux, conférence nature, sorties géologiques, historiques…) mais pas que ! C’est faire découvrir des espaces naturels où la vie humaine, animale et végétale y est préservée. Ce volet de coordination et de médiation rejoint pleinement mes ambitions personnelles, je suis au cœur des actions et actrice !

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Pour mener à bien mon job, c’est avant tout l’interaction qui prône. La communication nécessite de bien comprendre les besoins et surtout la finalité désirée. La mise en réseau est essentielle pour mener à bien chaque projet. Plusieurs compétences sont nécessaires, je dirais qu’il faut être patient, assidu, ouvert d’esprit et avoir l’esprit inventif. Il faut également être rigoureux et minutieux dans les réalisations.

Une bonne communication est une communication qui répond à l’image de la structure dans laquelle on travaille, c’est aussi une communication participative et engageante.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

C’est que j’apprécie le plus c’est la diversité des missions que je suis amenée à réaliser, d’une affiche à un logo, d’un flocage de véhicule à l’organisation d’une balade nature, d’échanges téléphoniques à la mise en place d’un évènement d’envergure ! C’est une histoire sans fin qui se renouvelle chaque jour pour construire ce futur Parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes !

Ce que j’aime le moins c’est de passer beaucoup trop de temps sur mon ordinateur. Je regrette de ne pouvoir consacrer que peu de temps à une réelle communication qui soit plus vivante, active et surtout plus proche des citoyens qui participent à préserver ce territoire d’exception.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Vas-y, FONCE ! Si à la sortie du lycée tu ne sais pas réellement ce qui te ferais pleinement plaisir ce n’est pas grave. Il faut prendre confiance en toi et te lancer dans ce que tu apprécies le plus, sors des sentiers battus, sois différent.e !

Fait vivre tes passions, n’aie pas peur, essaye, tente, trompe-toi c’est comme cela qu’on apprend. Mais surtout sois toi-même au naturel. Et lâche-toi, vis !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Ce petit livre sur la préhistoire dont je vous parlais au départ…. acheté par ma maman dont je n’ai plus la source, malheureusement !

Le guide « AGIS TA TERRE » m’a particulièrement affectée et motivée à continuer dans ma voie pour être citoyens du monde de demain !

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