Avec cette nouvelle série d’articles, on donne la parole aux membres du Club des Pépites pour qu’ils partagent leurs conseils et leurs perspectives sur l’orientation.

Mot d’ordre: rien n’est figé, la route est parfois longue et tumultueuse, mais on est ensemble.

Cette semaine Margot, nous raconte comment elle a créé sa propre entreprise à 24 ans. Passée par la prépa et une école de commerce, elle est devenue biographe pour les entrepreneurs engagés pour transmettre des valeurs.

Cet entretien a été réalisé par une Pépite membre du Club, Damien Pasquali.

Salut Margot! Tu en étais ou toi, dans ta vie, à l’ouverture de Parcoursup? C’était quoi tes envies et tes objectifs?

J’termétais en Terminale S Abibac en section français/allemand, et face à Parcoursup c’était beaucoup de stress ! D’une part parce que j’avais pas trop d’idées de mes envies professionnelles, mais aussi parce que j’avais une certaine pression familiale parce que beaucoup de membres de famille étaient ingénieurs.

Ce n’était pas mon attrait scientifique qui m’avait poussé à choisir une terminale scientifique (d’ailleurs j’étais un peu traumatisée par les cours de maths au lycée), mais plutôt la possibilité de pouvoir choisir un grand nombre de domaines pour la suite.

Concernant mes vœux, j’avais déjà participé à pas mal de portes ouvertes pour découvrir ce qui pouvait s’offrir à moi et choisir en fonction du feeling lors des rencontres et des échanges. C’est un peu grâce à ça que je me suis mis comme objectif une prépa littéraire BL couplant sciences et littérature, toujours dans l’idée d’avoir le plus de portes ouvertes possibles pour la suite pour éviter de faire un choix tout de suite. J’hésitais un peu pour la prépa mais je ressentais aussi l’envie de me prouver que j’en étais capable !

Mon objectif visé à l’époque était une école de commerce.

Tu as fait quelle formation? C’était ton premier choix?

Finalement, j’ai été prise sur mon premier choix ! La prépa BL au lycée Stanislas à Paris, qui correspondait à mes attentes en termes d’équilibrage des matières scientifiques (économie, maths, …) et littéraires (philosophie, littérature, histoire, sociologie, …).

En parallèle, j’avais aussi passé la partie oral du concours à Sciences Po Nancy, et tenté un dossier à l’université Paris-Dauphine.

Une fois mes deux années de prépa terminées, je n’ai malheureusement pas eu les concours que je visais. Ne voulant pas faire une année de prépa en plus (pas folle la guêpe), je me suis tournée vers l’école de commerce NEOMA à Reims, où j’ai fait mes deux dernières années de spé « Entrepreneuriat » en alternance chez onepoint : un cabinet de conseil en transformation digitale. Ça m’a notamment permis de développer des compétences en intelligence collective, facilitation, conduite du changement et un peu de RSE !

C’est quoi le cours que tu as préféré lors de ta formation? Que tu as le moins aimé?

En prépa j’avais une curiosité pour la philosophie. C’était d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’avais choisi cette prépa : pousser les concepts littéraires plus loin qu’au lycée !

Quant à mon école de commerce, j’ai beaucoup apprécié les rencontres avec des entrepreneurs dans le cadre des cours liés à l’entreprenariat. Ce contact avec de vraies expériences et ce côté réel était nécessaire pour mon apprentissage. D’autres cours intéressants étaient tout ce qui touchait au développement personnel, pour apprendre à se connaître en tant que personne (ennéagramme, …).

Du côté des cours les plus compliqués, ce n’est pas une surprise au vu de mon parcours et de mes affinités, mais globalement tout ce qui touchait aux maths (théoriques en prépa, comptabilité/finance en commerce) n’était pas vraiment ce qui me faisait vibrer !

C’est quoi ton métier aujourd’hui? Quelles compétences tu utilises?

Avant de faire ce que je fais aujourd’hui, j’ai passé un an en start-up dans le domaine du photovoltaïque (rien à voir avec mon parcours mais COVID oblige j’ai suivi le soleil), c’était notamment l’occasion pour moi de voir le monde de la start-up nation.

Mais finalement, je me suis récemment lancée dans l’entreprenariat en devenant biographe pour les entrepreneurs engagés! Cela consiste à écrire l’histoire des entrepreneurs et de leur entreprise ou les aider à écrire cette histoire. Concrètement, je les accompagne sur le message et les valeurs qu’ils ont envie de transmettre : comment bien se mettre en récit, quelles questions ils se posent, les enjeux qui les animent…

En termes de compétences, mes études dans l’entreprenariat m’ont notamment aidé à avoir une vision globale de l’entreprise et de son fonctionnement, connaître les problématiques de mes interlocuteurs afin que l’on partage un cadre de référence commun.

D’autre part, les compétences humaines (travail de groupe, prise de parole, sortir de sa zone de confort) que j’ai développé au cours de mes études m’ont beaucoup motivé à me lancer dans l’aventure de l’entreprenariat. Cela m’a notamment permis de nourrir une forme de curiosité et de culture générale, alimentées également par mes rencontres ou des podcasts qui m’ont poussé à me lancer !

Par contre, pour tout ce qui est compétences rédactionnelles, c’est majoritairement de l’autoformation !

Quelle est ta dernière grande réussite au travail, quelque chose que tu as accompli et qui t’as rendue fière?

Clairement, réussir à créer mon entreprise à 24 ans dans le but d’essayer de faire réfléchir et évoluer mes interlocuteurs en harmonie avec mes valeurs !

Je suis fière de relever le challenge quotidien de trouver des clients et de les convaincre de mon message. Mon objectif n’est pas d’écrire pour vendre mais d’aider à transmettre des valeurs, même s’il est difficile de faire face à la réalité économique qui fait parfois redescendre ce sujet dans l’ordre des priorités. Mais c’est en se confrontant à la réalité que l’on progresse !

Quel conseil donnerais-tu au toi de 18 ans qui s’inquiète devant Parcoursup?

Je me dirais certainement beaucoup de choses mais je ne m’écouterais certainement pas. Tout simplement parce que j’ai découvert tellement de choses après coup que je considère que l’expérience en valait la chandelle !

Au pire, se planter n’est pas si grave : la formation se fait tout au long de la vie et on découvre plein de choses après ce premier choix qui n’est pas déterminant pour la suite.

Le mieux est de suivre son intuition, même si elle nous emmène vers des chemins un peu plus éloignés des parcours les plus prestigieux et reconnus. Dans tous les cas, c’est toujours possible de se retourner vers ce qui nous intéresse vraiment grâce aux différents leviers à disposition !

Est-ce que tu as une ressource à recommander sur la transition?

Je vous conseille nouvel oeil, le podcast de Victoria Guillomon dans lequel elle apporte un nouveau regard sur le monde d’aujourd’hui en interviewant des personnes dans le but de donner des conseils aux jeunes sur les enjeux du monde de demain !

Je peux également vous conseiller le livre de Matthieu Dardaillon de Ticket for Change : Activez vos talents, ils peuvent changer le monde !

Envie de poser d’autres questions à Margot sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !