Aujourd’hui, zoom sur Louise Courchinoux qui a grandi, étudié et fait du bénévolat aux quatre coins du monde, pour finalement trouver sa place dans une start-up française, Fleurs d’Ici, qui encourage la saisonnalité et le local dans le secteur de la floriculture. Son job ? Être à l’écoute des producteurs et des fleuristes pour leur trouver des solutions logistiques et leur permettre de proposer des produits locaux et de saison aux amoureux des fleurs. 🌼🌻

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

J’ai été fille d’expatrié de mes 4 à mes 18 ans. J’avais déjà vécu au Pakistan, en Chine et à Taïwan quand je passais mon baccalauréat au Lycée Pasteur de Sāo Paulo. J’ai eu des rêves de journalisme sur les bancs du lycée mais mon entourage m’avait un peu effrayée en me parlant du milieu. Comme j’étais bonne élève, je me suis orientée vers une école de commerce. J’avais un objectif un peu flou : intégrer une entreprise ou une institution internationale pour pouvoir continuer à arpenter le monde !

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

J’ai fait un bachelor de commerce international à l’Université McGill, à Montréal. J’étais ravie de découvrir un nouveau pays et d’être entourée de toutes les nationalités, mais je ne prenais pas de plaisir dans les cours strictement commerciaux (marketing, management, opérations…). J’ai pris une mineure en relations internationales qui m’a beaucoup plue. Le fait d’apprendre comment fonctionnent à la fois les entreprises et les institutions internationales m’a donné une vision assez complète des dynamiques mondiales.

J’ai été pas mal découragée de la place du secteur privé, de l’impuissance des institutions, et du manque de conscience collective et de réactivité par rapport aux questions environnementales. Ça m’a donné envie de me spécialiser dans le développement durable, ce que j’ai fait à HEC Paris.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Après mon bac, j’ai passé quelques mois dans un orphelinat au Burkina Faso, où je m’occupais de poupons ayant entre 1 semaine et 7 ans tous les jours. Ça m’a poussée à m’impliquer à UNICEF McGill dès ma première année de bachelor. À Montréal, j’ai aussi fait un stage dans une ONG engagée pour le commerce équitable et je me suis impliquée dans la Fondation Anne Fontaine. Au sein de cette Fondation, j’ai aidé à récolter des fonds pour replanter des arbres dans la Mata Atlântica, une forêt dans le sud-est du Brésil.

Plus récemment et parce que j’ai commencé à m’intéresser à la problématique des circuits-courts, j’ai fait six mois de wwoofing pour aller travailler la terre chez des passionnés de pratiques respectueuses de l’environnement, en France et en Espagne. J’ai adoré cette expérience que je recommande à tout le monde !!

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Je ne sais pas s’il y a eu un « déclic » parce que ça a été un vrai cheminement de constats et de réflexions, mais je pense que ça a commencé à sérieusement me travailler pendant mon cours de Responsabilité Sociale des Entreprises à McGill. J’ai été étonnée de voir à quel point, malgré leurs grands moyens, les entreprises n’agissent pas plus « en faveur » de l’environnement – bien au contraire. Je me suis dit que ça serait génial de garder les pratiques efficaces du privé et d’éviter au maximum tous ses aspects condamnables, d’où le mastère spécialisé en Innovation Sociale et Développement Durable à HEC Paris.

Comment as-tu trouvé ton job ?

La fondatrice de Fleurs d’Ici, start-up dans laquelle je travaille actuellement, intervenait lors d’un cycle de conférences auquel je me suis rendue. C’était la deuxième fois que je la voyais intervenir et j’ai été, pour la deuxième fois, interpellée par son discours sur l’importance de la saisonnalité et du local.

Même si je n’y connaissais absolument rien au domaine de la fleur, je suis allée la voir pour lui proposer une rencontre !

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Il n’y a pas vraiment de journée type en start-up ! Je suis très en lien avec les producteurs de fleurs coupées en France, ainsi que des fleuristes voulant travailler avec de la fleur locale. Je cartographie leurs besoins afin de développer une solution logistique qui permette de faciliter les échanges. Mais comme nous sommes une petite équipe, il peut m’arriver d’aider pour des choses un peu lambdas.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Je dirais la débrouillardise !! A force d’expériences très variées tant dans les domaines que dans les compétences utilisées, j’ai fini par acquérir une capacité d’adaptation qui fait que j’arrive à saisir assez rapidement les problématiques et à me sentir bien dans une équipe. La rigueur qu’on apprend en école de commerce en termes d’organisation et de gestion de projets de groupes sont aussi d’une grande aide.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

J’aime surtout le contact avec les producteurs et le terrain. J’ai été en Bretagne rencontrer plusieurs producteurs et j’ai trouvé ça super enrichissant !

J’aime moins le fait d’être derrière mon ordinateur une très grande partie de mon temps…

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

En politique !

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

De faire du journalisme !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidés vers ce premier job ?

En livres :

Podcasts : La Terre au Carré

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