Avec cette nouvelle série d’articles, on donne la parole aux membres du Club des Pépites pour qu’ils partagent leurs conseils et leurs perspectives sur l’orientation.

Mot d’ordre: rien n’est figé, la route est parfois longue et tumultueuse, mais on est ensemble.

On commence cette semaine avec Damien Pasquali ! Après quatre réorientations, Damien a fini par trouver ce qui lui plaisait vraiment. Il est aujourd’hui Chef de Projet en Economie Circulaire et Environnement dans un bureau d’études et n’a aucun regret en repensant à son parcours d’études.

Salut Damien ! Tu en étais où toi, dans ta vie, à l’ouverture de Parcoursup ? C’était quoi tes envies et tes objectifs ?

Salut les pépites ! En terminale, à l’ouverture de Parcoursup, je n’étais pas réellement motivé pour mes études. J’avais déjà eu quelques expériences pro via des petits boulots et j’avais un niveau scolaire plutôt moyen, donc je n’avais pas de parcours tout tracé. J’ai plutôt suivi le courant et surtout les conseils de ma prof principale de l’époque, qui m’avait recommandé une prépa intégrée en école d’ingénieur.

Je me suis approprié cet objectif d’intégrer une école d’ingénieur sans vraiment savoir ce que c’était. Pour l’anecdote, lors de mon entretien d’admission au sein de ma future école, je ne savais pas faire la différence entre un parcours d’ingénieur et un parcours universitaire (toujours pas sûr aujourd’hui d’ailleurs). Mais s’il y a une chose dont j’étais sûr à cette époque, c’était de vouloir quitter ma région d’origine et mon département, la Seine-et-Marne, pour découvrir quelque chose de complètement différent. J’avais donc sélectionné des vœux le plus loin possible de chez moi !

Tu as fait quelle formation ? C’était ton premier choix ?

C’est là qu’a commencé pour moi un long chemin sinueux dans l’enseignement supérieur avec quatre formations différentes !

J’ai d’abord été admis dans la prépa intégrée de l’école d’ingénieur Polytech Lille, qui était une prépa publique généraliste que j’avais ciblée dans mes vœux pour ne pas devenir un fardeau économique pour mes parents. Ce n’était pas mon premier vœu, mais il faisait tout de même partie de ma tête de liste. Cependant, par grand manque d’implication, je me suis retrouvé dans les derniers du classement et je n’avais pas les prérequis pour continuer. J’ai donc dû me réorienter une première fois.

Je suis retourné sur APB après deux premières années d’études infructueuses et j’ai opté pour un DUT en un an, réservé aux personnes ayant déjà validé au moins un an dans les études supérieures, à l’IUT Paul Sabatier à Toulouse, spécialité Mesures Physiques. Au moment de ma réorientation, je me suis vraiment posé la question de savoir si les études étaient faites pour moi finalement. Je me suis donc laissé une dernière chance dans les sciences : soit cette année me plaisait, soit je me réorientais vers une filière plus professionnalisante. C’est également lors de ce travail d’introspection sur ce que je voulais vraiment faire de ma vie que j’ai réalisé mon attrait pour la préservation de l’environnement et que j’ai défini ma “raison d’être” qui était de préserver la planète.

Finalement, mon année de DUT m’a assez plu pour continuer dans les sciences et j’ai pu ensuite intégrer une nouvelle école d’ingénieur en apprentissage : l’INSA Centre Val De Loire à Bourges, en spécialité Energie, Risques et Environnement (option Qualité).

Je suis rentré dans cette formation avec l’idée qu’il y aurait un enseignement important sur les problématiques environnementales, couplé à une expérience de terrain dans mon entreprise d’accueil (Airbus) la réalité a été malheureusement décevante et je me suis rapidement rendu compte qu’il faudrait que je consolide mes connaissances par la suite. J’y ai tout de même passé trois bonnes années, en matière de qualité de vie notamment.

A la fin de mon cursus en apprentissage j’ai décidé de compléter mon parcours et m’ouvrir d’autres portes avec un master spécialisé “Management du Changement et Innovation Durableen un an, composé de six mois de cours et six mois de stage, aux Arts et Métiers de Chambéry, dernière école d’ingénieur et dernière année d’étude !

C’est quoi le cours que tu as préféré lors de ta formation ? Que tu as le moins aimé ?

Je dirais que le cours que j’ai le plus apprécié au cours de mes différentes formations était un cours de communication à l’INSA car c’est probablement le seul cours auquel j’ai pu assister qui touchait aux relations humaines dans le travail avec mises en situation pratiques. A l’inverse, les cours que j’ai le moins aimé, toujours au sein cette école, étaient l’ensemble des cours sur les normes de mon option qualité, qui ne correspondait pas vraiment à mon projet professionnel (cocasse pour un ingénieur qualité).

C’est quoi ton métier aujourd’hui ? Quelles compétences utilises-tu ?

Pendant ma dernière formation en master spécialisé, j’ai pu réaliser un stage de six mois au sein du bureau d’études AD FINE qui réalise entre autres des études d’économie circulaire et environnementales pour les organisations et les territoires. Ils ne m’ont pas embauché tout de suite à la fin de mon stage, mais j’ai été rappelé quelques mois après mon diplôme et ai accepté le poste de Chef de Projet en Économie Circulaire et Environnement en CDI que j’occupe toujours actuellement. Dans mon travail, j’utilise surtout des compétences acquises au cours de mon master spécialisé sur l’analyse de cycle de vie et sur l’économie circulaire par exemple, mais également des compétences génériques de polyvalence ou de capacité d’adaptation.

Au-delà de ça, je développe toujours de nouvelles compétences car l’école n’est pas faite pour nous apprendre un métier, mais avant tout pour nous apprendre à apprendre dans nos futurs métiers.

Quelle est ta dernière grande réussite au travail, quelque chose que tu as accompli et qui t’as rendu fier ?

Cela fait à peine un an que je travaille, mais ma réussite actuelle (non achevée) est le fait que l’on m’ait confié le déploiement de l’offre de formation de mon entreprise. C’est un projet très cool à suivre et à piloter pour moi et qui correspond à mes envies d’évolution professionnelle.

La formation me tient à cœur car j’ai envie de transmettre ce que je n’ai pas pu trouver dans mon parcours. Mon but ultime serait même d’aller, à terme, donner des cours dans chacune des formations où je suis passé et la boucle serait bouclée !

Quel conseil donnerais-tu au toi de 18 ans qui s’inquiète devant Parcoursup ?

Je n’ai aucun regret quand je regarde mon parcours de formation car bénéficier d’autant de formations différentes fut, finalement, quelque chose de très enrichissant.

Donc mon conseil aux jeunes qui font face aujourd’hui à ce moment charnière de leur orientation, c’est vraiment de ne pas s’inquiéter plus que nécessaire, car on finit toujours pas trouver sa voie ! Aujourd’hui il y a plein de passerelles dans le monde de l’enseignement supérieur et si on définit bien ce qu’on veut faire, on finira forcément par trouver quelque chose pour y arriver, même si le chemin n’est pas facile.

Est-ce-que tu as une ressource à recommander sur la transition ?

Un livre pas mal pour n’importe qui qui s’initierait au sujet : Sapiens de Yuval Noah Harari, qui décrit l’humain et comment nous en sommes arrivés là.

Une ressource un peu plus générique est Doughtnut Economics de Kate Raworth, qui permet de visualiser les enjeux environnementaux et sociaux de la transition.

Envie de poser d’autres questions à Damien sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !