Johan, 23 ans, co-fondateur de Vegetal Yogurt

Quand on suit son parcours, Johan Aillerie semble être devenu biologiste marin presque par hasard. Pourtant, sa passion pour l’océan et son engagement pour la planète semblaient le destiner vers une carrière engagée.

Après un cursus universitaire international et entremêlé d’expériences professionnelles variées, notre biologiste a décidé de créer sa propre voie en co-fondant Vegetal Yogurt, un magasin à Hossegor qui vise à sensibiliser aux enjeux écologiques de la mer tout en proposant des produits durables.

Il nous raconte aujourd’hui son parcours surprenant qui l’a conduit de la biologie marine aux yaourts glacés ! 🐢

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Sur les bancs du lycée j’étais plutôt du genre élève dans la moyenne, peu intéressé par l’école mais à toujours faire en sorte d’étudier le strict minimum pour obtenir le fameux Bac Scientifique qui soit disant « ouvrait toutes les portes » pour les études supérieures. Pour moi le lycée se résume à une étape où je ne savais vraiment pas quoi faire par la suite.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

Mon parcours scolaire peut se résumer à une succession de hasards. N’étant pas fortement attiré par le milieu scolaire ni un métier précis, l’université m’est apparu comme un excellent choix. Passionné par le surf et plus précisément l’océan, la biologie marine me semblait être un parcours en accord avec mes attentes. L’université de La Rochelle est réputée dans ce secteur. L’idée de quitter ma région en quête de nouvelles expériences m’a très rapidement accroché. Après deux années sur La Rochelle, une opportunité extrascolaire me fait quitter cette ville pour finir ma Licence sur Bordeaux.

Il faut savoir qu’une Licence en Science du Vivant option Biologie Marine veut tout et rien dire en même temps. Ne souhaitant pas poursuivre un Master en France, bien trop studieux et sérieux pour ma personnalité,, une seule option s’est présentée: partir, et de préférence partir loin !

Initialement, il s’agissait simplement de réaliser une année de « work and travel » pour découvrir de nouvelles cultures et façons de penser. Puis, au dernier moment, un ami rencontré à l’université de La Rochelle m’a contacté. Après avoir pris des nouvelles, celui-ci m’indique qu’il part faire son master dans le sud du Portugal. Apprenant qu’il s’agit du dernier jour pour déposer un dossier, je réalise mon dossier dans la soirée et 15 jours plus tard me voila à l’aéroport direction Faro au Portugal, afin de réaliser un master en biologie écologie des écosystèmes marins. Ce que j’ai perçu dans cette opportunité: réaliser un master, voyager, découvrir quelque chose de nouveau et développer mon niveau d’anglais, initialement très bas.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’ai toujours cherché à me former en parallèle de mes études. Lors de mes deux premières années sur La Rochelle, j’ai cumulé les expériences professionnelles dans des milieux complètement différents de mon domaine d’étude : caissier, vendeur indépendant, sauveteur en mer, pizzaiolo… ainsi que les formations, comme en secourisme, le permis Bateau, BNSSA.

Je suis convaincu qu’aucune expérience n’est inutile. J’ai saisi chacune des occasions se présentant sans réfléchir au salaire ou à la tâche à accomplir. Par la suite, toujours à la recherche d’un inconfort constant, j’ai quitté La Rochelle pour retourner dans ma région natale. L’objectif étant de m’engager en tant que Sapeur-Pompier volontaire en parallèle de mes études. Enfin, lors de mon Master après avoir réalisé une année sur le site de l’université de Faro (Portugal), j’ai décidé de réaliser ma seconde année par l’intermédiaire d’un stage au Mozambique et d’une thèse aux Philippines.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

J’ai toujours eu une vision engagée envers l’environnement. Cependant, le véritable déclic qui m’a permis de me dire « ok là ce n’est vraiment plus possible » à été la découverte des plages au Mozambique. Jonché de plastique, je m’en doutais, on a tous déjà vu des reportages sur l’Afrique… Le plus choquant : ce plastique est à 80% Européen…

La plongée sous-marine a été un véritable déclic également. J’ai réalisé plus de 200 plongées sur 3 continents différents, mais aujourd’hui je n’ai toujours pas fait une seule plongée sans voir du plastique sous l’eau.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Nous sommes officiellement des vendeurs de frozen yogourt végétal. Un concept zéro déchet grâce à des contenants 100% comestibles, cuillère et bol, 100% bio, à faible empreinte carbone, vegan et adapté à un maximum de régime alimentaire, c’est-à-dire sans glute ni lactose.

L’objectif : sensibiliser et informer sur les enjeux du 21ème siècle via l’alimentation. Nous sommes 3 biologistes marins et un anthropologue à avoir imaginé ce concept. Nous nous développons comme une start-up et non un commerce traditionnel. Nous souhaitons créer des foyers de sensibilisation au plus proche de chacun.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat me démontre qu’aucun élément de mon parcours n’a été inutile. Nous sommes confrontés à de nouvelles choses de façon quotidienne, la diversité et l’adaptabilité nous permettent d’y répondre du mieux possible.

Parlons cash! Quelle est pour toi la balance entre sens et argent ?

Si à ce jour je ramène mon salaire à un taux horaire, cela peut sembler ridicule. En revanche, ce que je fais me passionne et ces heures je les réalise parce que je m’éclate dans mes projets.

J’ai 23 ans, aucune accroche dans ma vie privée de type crédit ou enfant, c’est maintenant ou jamais. J’aurai tout le temps de trouver un job pour quelqu’un par la suite si je le souhaite… mais ayant goûté à l’entrepreneuriat, je doute fort que ce jour arrive.

 

Petit coup d’oeil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, niveau boulot ?

Avec une entreprise qui quadrille l’espace géographique afin de sensibiliser un maximum de personnes tout en proposant une offre saine et durable pour la planète. Les bénéfices de cette entreprise financeront notre propre ONG qui sera un lieu de recherche et de partage entre étudiants et chercheurs, mais aussi d’apprentissage pour grand public.

 

Retour vers le future ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Fonce, la vie est belle ! Pas de stress pour la suite des évènements, accepte ce qui arrive, vois les échecs comme un apprentissage, saisis toutes les occasions qui se présenteront à toi et n’écoutes pas les autres.

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Je recommande Yvon Chouinard, Marc Simoncini, Steve Jobs, Oren Klaff, Xavier Niel.

Et beaucoup de papers scientifiques sur différents sujets : merci Google Scholar !

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