Edmée, 25 ans, chargée de développement commercial chez Aube

Edmée Thézard était « celle qui voulait étudier les cailloux » au lycée, mais sa formation d’ingénieure en géologie ne correspondait pas à ses attentes en matière d’environnement. Elle file alors au Québec pour enchaîner avec un DESS en éco-conseil et se plonge plus profondément dans le développement durable.

Aujourd’hui, elle travaille pour Aube, une entreprise qui a développé un drone paramoteur très silencieux pensé pour protéger la faune, à la fois en surveillant la criminalité environnementale, comme le braconnage, et en observant son fonctionnement pour mieux la comprendre.

Sa mission ? Trouver les clients auxquels ce drone pourrait être utile, en mettant au coeur les enjeux éthiques.

En bref, elle fait le pont entre la solution de sa start-up et des projets écologiques pour mettre la technologie au service de la transition, et elle nous raconte comment. 🍃

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Au lycée, j’avais une passion pour les cours de SVT, en particulier les sciences de la Terre, je voulais absolument devenir géologue. Ca faisait bien rire mes camarades de classe, j’étais la fille qui voulait étudier les cailloux. Mon objectif à l’époque, c’était trouver des solutions pour exploiter les matières premières qui sont nécessaires de nos jours pour vivre de manière plus durable.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

Après le Bac, j’ai fait une école d’ingénieur dans la spécialité Sciences de la Terre et Environnement. Dès la première année on baignait dans les cours de géologie et c’était vraiment passionnant. Mais je trouvais que le côté « environnement » n’était pas assez présent dans la formation. Je suis donc partie 1 an au Québec en double diplôme. J’ai réalisé là-bas un DESS en éco-conseil. Le principe était d’étudier la transition écologique et le développement durable, leur impact sur nos sociétés et une manière d’encourager les personnes, entreprises, pays à les prendre en compte dans leur organisation.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

A la fin de mes études j’ai réalisé un stage chez LISEA. Pas du tout dans le domaine de la géologie dont je me suis éloignée, mais dans le domaine du développement durable. J’étais chargée de mécénat pour le fondations d’entreprise. Le principe était de soutenir des projets ayant un impact positif sur le biodiversité, l’impact carbone et la solidarité.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

J’ai toujours été sensibilisée par la transition énergétique, en particulier grâce à mes parents qui sont très sensibles à cette thématique et qui m’y ont éduquée dès mon plus jeune âge. Mais je me suis vraiment engagée lorsque j’ai pris la décision de mettre de côté la géologie et de me lancer dans mon double-diplôme. Je me suis rendue compte que la thématique de la transition manquait cruellement à la formation de base de n’importe quel étudiant alors que notre avenir est dans la balance.

Comment as-tu trouvé ton job ?

J’ai trouvé mon job par un ami qui travaille dans la boîte. Il m’a parlé du projet et de ses missions et j’ai trouvé ça vraiment intéressant. J’ai vu milles applications qui pouvaient être bénéfiques à la biodiversité. J’ai tout de suite contacté le directeur et je lui ai envoyé mon CV. Il m’a rappelée rapidement et on a tout de suite accroché grâce au partages de valeurs importantes comme l’éthique ou encore la protection de l’environnement.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Mon entreprise a conçu un drone paramoteur qui vole grâce à une voile miniature de parapente, laquelle lui permet d’être beaucoup moins intrusif que n’importe quel autre objet volant.

Le drone peut donc avoir de nombreuses applications dans le monde de l’écologie car il n’impacte que très peu l’environnement et les animaux. Il a servi de soutien aux rangers pour la lutte anti-braconnage en Afrique, ou encore à la réalisation de films en immersion pour l’éco-tourisme.

Mon but, c’est d’identifier des applications pour le drone qui collent avec l’éthique de l’entreprise Aube, de trouver des clients et de faire connaître le produit. Notre objectif c’est d’avoir un impact positif sur notre environnement grâce à l’innovation technologique.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

C’est assez compliqué car je me suis vraiment réorientée dans ce métier par rapport à mes études. Mais tous les cours de base d’un ingénieur sont utiles, la gestion de projets, gestion de réunion et d’équipe, management, l’utilisation d’un réseau… Mais le plus important ce sont les cours de communication, d’éthique et de transition écologique que j’ai pu suivre lors de mon DESS en éco-conseil.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est le contact humain. J’ai l’occasion de parler avec des personnes qui travaillent dans différents domaines et d’en apprendre énormément sur ce que chacun fait pour l’environnement et la protection de la faune en particulier. C’est plus difficile de n’avoir pas beaucoup l’occasion de travailler directement sur le terrain, c’est quelque chose qui me manque vraiment par rapport à ma formation initiale.

Parlons CASH ! Quelle est pour toi la balance entre sens et argent ?

Je ne cours pas après l’argent. Evidemment un job doit être assez rémunérateur pour permettre de vivre confortablement, mais cela me suffit. Je pense qu’avoir un métier qui me plait, des collègues avec qui je m’entends bien et surtout un impact positif sur l’environnement est le plus important.

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Un livre que j’ai vraiment apprécié et qui apporte beaucoup d’information (en restant très technique), c’est « Est-t-il trop tard ? » de Claude Villeneuve, un de mes professeurs au Québec. Mais si on veut rester simple et avoir des informations tout de même très pertinentes je conseille les films de Yann Arthus-Bertrand, et en particulier le dernier « Legacy, notre héritage » qui donne envie de changer le monde.

Envie de poser d’autres questions à Edmée sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !
Vous êtes une pépite et vous souhaitez remplir le formulaire ? RDV ici !