David Glotin député Matthieu Orphelin

Découvrez le parcours de David Glotin, qui après une formation d’ingénieur axée sur l’énergie, a décidé de se former aux enjeux socio-économiques et politiques de la transition. Il a également multiplié les expériences associatives et professionnelles tout au long de son parcours. Il est aujourd’hui attaché parlementaire du député de la circonscription angevine Matthieu Orphelin, connu pour ses engagements écologiques.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Bac S, j’étais bon un peu partout mais je ne savais pas trop vers quoi m’orienter (en revanche je savais ce qui ne m’intéressait pas). Je voulais rester dans la continuité du lycée pour ne pas me fermer de portes, je suis donc allé en prépa maths-physique dans l’idée d’entrer en école d’ingénieurs derrière.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

On peut dire que les enjeux environnementaux ont joué un grand rôle dans tous mes choix d’études, au moins à partir de la fin de la prépa. Au terme des deux années de prépa à Angers, je suis arrivé à Centrale Nantes, une école d’ingénieurs où chacun peut choisir ses sujets de prédilection. Après une 1ère année de tronc commun, j’ai choisi l’option Énergie en 2ème année. Ça me paraissait être le choix le plus pertinent qui s’offrait à moi pour traiter des problématiques environnementales.

Au lieu de faire ma 3ème année à Nantes, je suis parti étudier 1 an à Stockholm, au KTH Royal Institute of Technology, pour compléter mes connaissances énergie-climat avec des cours très variés, allant de la thermodynamique du bâtiment à des simulations de négociations climat.

Ensuite, j’ai fait un stage dans un centre de recherche au CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement) sur la rénovation des logements, en prenant en compte les politiques publiques et d’autres paramètres socio-économiques. Ça m’a ouvert les yeux sur la nécessité de me former aux enjeux autres que techniques et technologiques de la transition : gouvernance, questions économiques, enjeux sociaux. J’ai donc décidé de continuer mes études en faisant un master en “International Energy” à Sciences Po – Paris School of International Affairs.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

J’ai fait pas mal de stages, dans les réseaux de chaleur d’abord, puis le stage de recherche que j’ai déjà mentionné au CIRED.

Ensuite au cours du master à Sciences Po, j’ai fait un stage à la Direction environnement du groupe Orange, où j’ai aidé à définir leur stratégie climat de réduction des émissions d’ici 2025.

À Centrale, j’étais engagé dans une association environnementale, et à Sciences Po on a lancé un projet de campagne éco-citoyenne « Un an pour le climat » avec Bleu Blanc Zèbre, PikPik Environnement et Ça Commence Par Moi (Julien Vidal). C’était enrichissant de rencontrer des acteurs de la transition sur différentes thématiques, et d’organiser des ateliers/conférences/interviews/conseils d’éco-gestes.

La mobilisation de la jeunesse (et pas que) pour le climat dans le sillage des lycéens du monde entier a été un moment fort de mes deux années à Sciences Po, d’autant plus qu’il y avait en parallèle en France le mouvement des Gilets Jaunes. Ça permet de se poser beaucoup de questions intéressantes sur les outils à mobiliser pour faire advenir une transition juste.

Et depuis le premier confinement, je fais partie d’un think-tank d’étudiants et de jeunes actifs, Déclic, dont le but est de proposer des idées novatrices aux décideurs politiques français à différents échelons, qui servent à une vraie transition écologique et solidaire.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

L’envie d’être utile à la planète via mon job a toujours été une idée de fond derrière mes choix depuis l’école d’ingé. J’étais spécialisé dans l’énergie car c’est le poste le plus important pour agir sur nos émissions et engager la transition.

Jusqu’à la fin de mes études d’ingénieur je ne savais pas trop comment j’allais concrétiser cet engagement, et c’est quand je me suis rapproché de l’entrée sur le marché du travail que je me suis rendu compte que je ne voulais pas, pour caricaturer, seulement vendre/optimiser/construire des panneaux solaires, mais pouvoir décider plus globalement (au sens de prendre en compte les solutions technologiques, les enjeux sociaux et les critères économiques) à l’échelle d’un territoire ou d’une entreprise, une stratégie de transition pour répondre à l’urgence climatique.

Donc on peut dire que le déclic a eu lieu pendant mon stage au CIRED.

Comment as-tu trouvé ton job ?

Par un heureux concours de circonstances ! Via Déclic on a été en contact avec un collaborateur du député Matthieu Orphelin, avec qui j’avais eu cours à Sciences Po.

Comme il savait que j’étais à Angers et en recherche d’emploi (même si je ne cherchais pas spécifiquement de poste d’attaché parlementaire), et qu’ils avaient un besoin de recrutement, il a fait passer mon CV sans me dire pourquoi. Deux heures plus tard, je recevais un appel de Matthieu Orphelin, que je suivais déjà beaucoup en raison de ses engagements pour l’écologie, et parce qu’il est à Angers, comme moi.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

C’est assez divers et très dynamique !

  • Je réponds à des mails et coups de téléphone de toute sorte : citoyens de la circonscription qui nous alertent sur un sujet, entreprises en difficulté à cause du contexte, participation à un événement…J’organise l’agenda du député (demandes médias, présence à l’Assemblée, visites en circonscription).
  • On rédige des amendements que Matthieu veut défendre en prenant en compte les avis des experts/ONG/citoyens, puis on suit les débats en commission et dans l’hémicycle pour que ces amendements soient défendus et retravaillés pour être adoptés.
  • Je prépare aussi des communiqués de presse pour expliquer les positions de vote, réagir à l’actualité, je prépare des tweets et autres posts sur les réseaux sociaux.
  • On essaie aussi de s’inspirer le plus possible de l’avis des scientifiques et d’avoir le ressenti des citoyens, pour ne pas rester dans la bulle de l’Assemblée : il faut rester connecté aux réalités. Heureusement, je ne fais pas tout ça tout seul ! En résumé, on s’amuse bien 😉
Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Bien sûr les compétences (de rédaction, de synthèse, de compréhension des enjeux) sont importantes, mais je n’ai pas été spécifiquement formé pour être attaché parlementaire.

J’apprends énormément de choses sur des sujets très divers, au-delà des problématiques de transition. C’est assez incroyable. Quand il y a des choses un peu techniques, je les apprends sur le tas, une fois qu’on m’a montré comment ça marchait.

C’est chaque petite brique de mon parcours qui me permet de faire ce travail aujourd’hui, notamment toutes les rencontres (conférences, assos, sport) que j’ai pu faire, en dehors du cadre de mes études. Le côté relationnel, comprendre les enjeux de la société en essayant de comprendre ce que les gens vivent, est très important, et ne s’apprend pas vraiment via les cours.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est la diversité des responsabilités, je ne sais jamais vraiment à l’avance à quoi va ressembler ma journée. Le plus intéressant est tout ce travail au quotidien, à porter des valeurs à différents échelons, et on a parfois la chance de voir concrètement l’impact positif qu’a une action du député sur la vie de certaines personnes.

Le côté moins sympa, c’est le traitement des mails un peu secondaires, qui prend du temps et est moins intéressant, mais il y a toujours des enseignements à en tirer !

Parlons CASH ! Quel est pour toi l’équilibre idéal entre sens & rémunération ?

Je place clairement le sens loin devant l’argent, rien que pour ma santé psychique personnelle.

Je considère que par son métier on défend des valeurs, et je crois que c’est un credo de plus en plus partagé par nos générations.

Mais je reste conscient que j’ai la chance d’avoir fait de longues études, et d’être assuré d’avoir un certain minimum de salaire tant que j’ai un job, donc normalement pas trop de soucis pour subvenir à mes besoins.

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

Dans un job avec autant de sens, peut-être plus ciblé sur un enjeu environnemental, mais qui permet toujours de faire changer les choses concrètement !

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidé vers ce premier job ?

Des sites intéressants pour des analyses poussées :

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