Damien, 26 ans, ingénieur environnement et économie circulaire

Il ne se voyait certainement pas faire 7 ans d’études. Mais au fur et à mesure, Damien Pasquali a réalisé que son ambition de protéger l’environnement signifiait pour lui de se former à ses enjeux scientifiques.

Aujourd’hui, il met à profit son expertise au service de la transition écologique en tant qu’ingénieur environnement et économie circulaire chez AD FINE, un bureau d’études spécialisé dans la transition.

Apprendre, transmettre et agir collectivement à la préservation de l’environnement : voici le parcours de Damien ! 🌳

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Alors le plan était très flou, j’avais pas vraiment envie de faire des études longues. Mais j’ai suivi les conseils de ma prof principale et ai postulé à une prépa intégré en école d’ingénieur sans même savoir ce que faisait un ingénieur et en me détournant totalement de mes petites expériences dans la restauration… 2 mois plus tard j’étais donc sur des bancs d’école à faire des équations et tout le tralala.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

J’ai donc fait 2 ans de prépa intégré à Polytech Lille avant d’être gentiment poussé vers la sortie pour un cruel manque d’implication de ma part.

A ce moment là, j’avais deux options: rester dans les sciences ou revenir vers la restauration. J’ai décidé de laisser une dernière chance aux sciences en faisant un DUT Mesures Physiques en 1 an à l’IUT Paul Sabatier de Toulouse.

C’est pendant cette année que je me suis intéressé à la transition écologique, non seulement parce que j’avais un coloc en master d’écologie, mais aussi parce qu’il me fallait faire un choix de poursuite d’études car les mesures physiques, ça me paraissait pas très sexy. C’est là que j’ai voulu faire de l’environnement mon métier.

Du coup je suis rentré en alternance pendant 3 ans dans la formation Energie, Risques et Environnement de l’INSA Centre Val de Loire.

Et pour rentrer un peu plus dans l’environnement après mon diplôme, j’ai choisi de compléter ma formation qui commençait à être longue par un Mastère Spécialisé en Management du Changement et Innovation Durable à l’Institut Arts et Métiers de Chambéry axé sur l’écoconception et l’analyse de cycle de vie.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

En dehors des petits boulots en restauration, j’ai fait un stage au Danemark à l’Université d’Aarhus sur la thématique du recyclage de cendres de bois. C’était ma première expérience « pro » dans l’environnement et ça m’a permis de découvrir une culture et une vision différente sur l’environnement en plus de me conforter dans mes convictions.

Ensuite j’ai fait mes 3 années d’alternance ingénieur dans une petite entreprise qui fabrique des gros avions à Toulouse. J’avais quelques ambitions de voir ce qu’il se faisait en termes d’environnement dans une telle boîte mais au final, vous vous en doutez peut-être mais j’ai pas vraiment vu d’environnement pendant ces 3 ans.

Lors de mon Mastère Spécialisé, j’ai dû troquer au dernier moment un stage dans l’évaluation d’impacts environnementaux (à cause d’un certain virus) pour un stage plus axé sur l’économie circulaire et plus précisément sur l’Ecologie Industrielle et Territoriale.

Une fois mes études (enfin) terminées, j’ai eu un peu de temps pour m’engager dans des associations de sensibilisation environnementale en tant qu’animateur de la Fresque du Climat ou de la Fresque des Nouveaux Récits.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

J’ai mis du temps à vraiment avoir le déclic.

L’étincelle avait déjà été créée quand j’étais tout petit devant les documentaires du grand David Attenborough : Blue Planet, Planet Earth…

Mais c’est quand je cherchais ma voie en DUT que j’ai vraiment pris conscience que ce que je voulais faire, c’était protéger notre planète. Notamment lorsque je faisais découvrir Planet Earth à mon coloc, qui a fait s’enflammer l’étincelle créée des années auparavant.

Comment as-tu trouvé ton job ?

J’ai eu la chance que l’entreprise dans laquelle j’ai fait mon stage de Mastère Spécialisé me rappelle après quelques mois pour me proposer une mission dans la continuité de mon stage.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Beaucoup d’ordinateur !

Mes activités sont très variées mais la plupart du temps je travaille sur l’apport de solutions dans les diagnostics d’économie circulaire pour faciliter ces démarches à nos clients. Cela nécessite de collecter et de traiter les données pour dégager les pistes de solutions prioritaires en termes de ressources sur un territoire par exemple.

De la même manière j’aide aussi à construire des outils, que ce soit pour l’économie circulaire, l’environnement, ou encore l’énergie.

En dehors de ça, je fais aussi de l’analyse environnementale sur le cycle de vie de composants ou de produits dans le but d’établir d’évaluer leurs impacts environnementaux et d’identifier les axes d’éco-conception.

Et le soir et/ou le week-end, j’essaye de prendre le temps d’animer des ateliers de sensibilisation pour la Fresque du Climat et/ou des Nouveaux Récits.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

J’ai envie de dire que tout m’a servi. On ne peut pas avoir fait 7 ans dans l’enseignement supérieur sans avoir appris de ces expériences.

Mon stage au Danemark m’a permis de découvrir une culture et un rapport à l’environnement différent.

Mon alternance m’a fait grandir et développer des compétences importantes sur le plan technique.

Mon dernier stage d’études m’a fait découvrir concrètement le milieu de l’économie circulaire.

Mes animations d’ateliers m’ont fait rencontrer des personnes géniales.

Et globalement, chaque étape de mon parcours a permis de définir le projet professionnel que je mène aujourd’hui.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

C’est quand même génial d’agir au niveau du collectif. C’est pas donné à tout le monde parce qu’on est un peu limité par les actions individuelles si ne peut pas toucher les entreprises ou les collectivités.

Et puis mon profil polyvalent me permet de toucher à beaucoup de sujets différents en termes d’économie circulaire, que ce soit des acteurs, des échelles ou encore des ressources différentes.

Ce qui est difficile quand on touche à l’environnement, c’est que c’est souvent des processus et des démarches sur le long terme. Du coup pour apercevoir les fruits de son travail, ça peut être un peu long.

Et puis rester devant un ordinateur toute la journée, ça peut être long aussi.

Parlons cash ! Quelle est pour toi la balance entre sens et argent ?

Lorsque l’on rentre dans une SCOP, c’est pas vraiment pour l’argent mais plus pour les valeurs de l’entreprise.

Je suis pas beaucoup plus payé que quand j’étais en alternance et bien moins que la plupart de mes potes ingénieurs, mais cela reste raisonnable.

Petit coup d’oeil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, niveau boulot ?

Idéalement j’aimerais bien continuer à faire ce que je fais aujourd’hui avec un petit truc en plus : être intervenant dans des formations d’enseignement supérieur pour essayer de transmettre tout ce que je n’ai pas forcément eu dans mon parcours d’études.

Après on sait jamais, à tout moment je décide de tout plaquer pour être menuisier dans la Creuse ?

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Les documentaires de David Attenborough et de Yann-Arthus Bertrand.

Les conférences et podcasts de Jancovici, Arthur Keller, Sébastien Bohler, Pablo Servigne.

« La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben, un livre sympathique

« Printemps Silencieux » de Rachel Carson, un livre précurseur de l’écologie en occident

Et bien sûr les Fresques du Climat et des Nouveaux Récits sans compter tous les autres ateliers/fresques qui existent et qui sont tout autant instructifs.

Envie de poser d’autres questions à Damien sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !
Vous êtes une pépite et vous souhaitez remplir le formulaire ? RDV ici !