Claire Caillaud

Aujourd’hui on se rend à Poitiers pour rencontrer Claire Caillaud, qui vient de démarrer un job de coordinatrice de réseau chez RésALIS.
Sa mission ? Favoriser le manger local, en mettant en lien des agriculteurs des Deux-Sèvres avec des gestionnaires de restauration collective du département. Cette passionnée de l’alimentation nous partage son parcours et son quotidien, et nous montre qu’il n’est pas nécessaire de vivre un grand déclic pour trouver sa place et agir concrètement dans le secteur de la transition écologique.

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Un peu paumée, j’ai choisi de m’orienter (après quelques refus d’IUT d’Urbanisme) vers une licence d’Anthropologie à l’Université Toulouse-Jean Jaurès (ex- Le Mirail-Toulouse).

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

J’ai trouvé la licence très enrichissante et j’ai continué jusqu’à la L3. Cependant, j’ai très vite ressenti le besoin d’être dans « l’opérationnel », sur le terrain (hors recherche), et du coup je ne me retrouvais plus trop dans ce domaine.

Après cette licence en Anthropologie, j’ai décidé de faire une pause, donc lors d’une année de césure j’ai effectué un service civique dans une association de Toulouse (Élémen’terre) qui est une association environnementale proposant de la vaisselle réutilisable aux organisateurs d’événements. Cette expérience a confirmé mes idéaux, je me suis alors tournée vers un Master en gestion territoriale, spécialisé dans l’écologie à Bordeaux-Montaigne.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Depuis petite j’ai grandi dans le milieu associatif, tout d’abord à travers la danse, puis dans le culturel – j’ai notamment été bénévole dans un bar associatif, qui a été transformé en Tiers-Lieu.

Je continue aussi à apporter une aide ponctuelle à Artisans du Monde Bordeaux Métropole et Let’s Food), deux structures dans lesquelles j’ai effectué des stages dans le cadre de mon Master.

Aujourd’hui, je me lance plutôt dans l’engagement bénévole dès la création de l’association, en co-fondant l’association Pleine Saison (photo-reportage des métiers de l’alimentation) et étant actuellement à la recherche de personnes motivées pour monter une association locale d’Artisans du Monde (commerce équitable) à Poitiers.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Bonne question… C’est arrivé petit à petit, à travers des rencontres (professeurs, tutrices de stage, etc.), via la lecture de certains médias, ou en regardant des documentaires, un peu de tout. Je n’ai pas eu de moment où j’ai fait le choix de me lancer dans cette voie, c’est plutôt certains choix, au fil du temps, qui m’ont menée dans ce domaine.

Comment as-tu trouvé ton job ?

Sur l’une des plateformes de recherche d’emploi dans l’environnement, je ne sais plus laquelle précisément (réseau-tee, apecita, etc.).

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Mes missions consistent à gérer une plateforme d’approvisionnement de produits locaux pour la restauration collective dans les Deux-Sèvres.

Aujourd’hui je commence juste, toute jeune diplômée depuis septembre 2020. Je suis donc pour l’instant en doublage avec le salarié sortant.

Concrètement mes journées ne se ressembleront pas, entre suivre le bon fonctionnement de la logistique de livraison, la recherche de nouveaux financements (appels à projet, subventions, etc.), les visites des exploitations agricoles, le démarchage de nouvelles cantines scolaires ou d’EHPAD, la création de projets en collaboration avec des collectivités ou autres associations par exemple, ou encore l’organisation d’Assemblées Générales avec les adhérents. C’est un mélange entre beaucoup d’administratif d’association et de relationnel consistant à mettre en lien les producteurs locaux et la restauration collective, et à intégrer de nouveaux agriculteurs dans le projet.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Connaître les normes en vigueur, la cartographie des acteurs.

Mon dernier stage en collectivité m’a beaucoup aidée pour la connaissance du fonctionnement des programmes régionaux, du vocabulaire « bien placé » qui joue beaucoup.

Gérer un budget, savoir utiliser les outils (gratuits) de communication.

Et discuter, beaucoup discuter pour comprendre comment fonctionne le système dans le domaine où tu te spécialises, et bien s’entourer !

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

En Creuse, dans la création d’un lieu de vie autour de l’alimentation (magasin de producteurs, atelier de transformation collectif et restaurant par exemple).

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

« T’inquiète, tu verras bien ce qui se passera ! »

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Des lectures :

  • Ville Affamée de Carolyn Steel
  • La série de revues de La Relève et La Peste,
  • Les livres de Philippe Descola, un anthropologue français
  • Sapiens de Yuval Noah Harari
  • Les ressources de l’association Greniers d’Abondance

Et suivre des réseaux/collectifs, des MOOCs, des chaînes youtube, des podcasts …!

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Crédit photo : Juliette Parnaland