Avec cette nouvelle série d’articles, on donne la parole aux membres du Club des Pépites pour qu’ils partagent leurs conseils et leurs perspectives sur l’orientation.

Mot d’ordre: rien n’est figé, la route est parfois longue et tumultueuse, mais on est ensemble.

Cette semaine, Camille nous raconte comment elle a trouvé sa vocation entre les travaux pratiques en laboratoire et la forêt amazonienne. Initialement séduite par l’aspect scientifique et technique du métier d’ingénieure, elle se sert aujourd’hui de ses connaissances pointues pour avoir un impact positif.

Cet entretien a été réalisé par une Pépite membre du Club, Alexandre Pastor.

Salut Camille ! Tu en étais ou toi, dans ta vie, à l’ouverture de Parcoursup ? C’était quoi tes envies et tes objectifs ?

J’étais en Bac S que j’ai validé avec une mention très bien car j’étais à l’aise à l’école. Jusqu’à mes 18 ans, je ne me suis pas trop posée de question sur mon avenir. J’aimais bien la chimie et les matières scientifiques. Dans un premier temps, j’avais envie d’étudier et de bosser dans les matières scientifiques dans le but trouver un travail facilement et de gagner assez d’argent pour me permettre de vivre ma passion : le voyage.

J’ai donc postulé et été retenue au sein du Cycle Préparatoire Intégré (CPI) de la fédération Gay-Lussac à Strasbourg, qui regroupe les 19 écoles d’ingénierie de chimie. Son système de contrôle continu m’a séduite car il est plus facile et plus représentatif du travail avec un classement final à l’issue des 2 années d’étude.

Ce type de classe préparatoire permet d’avoir plus de temps personnel et une réelle vie étudiante, je n’ai pas mis ma vie entre parenthèses, c’est ce que je craignais avec une classe préparatoire classique.

Tu as fait quelle formation ? C’était ton premier choix ?

L’École Chimie Polymère Matériaux (ECPM) de Strasbourg était mon premier choix. Mon 2ème choix était l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne qui est un établissement plus onéreux, et avec la vie en Suisse qui est également plus chère, ça promettait quelques années de galères !

A la fin de mes études d’ingénieur, j’ai reçu une proposition de CDI que j’ai refusée. J’avais décidé de partir en voyage avec seulement un sac à dos car j’avais le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses théoriques durant mes études mais j’ai ressenti un besoin d’expérimenter et de me découvrir profondément. Le voyage était la solution pour moi.

J’ai pu découvrir 10 pays de Asie du sud-est à l’Amérique du Sud durant 1 an. Durant ce voyage j’ai vécu une expérience unique. En Bolivie, en plein cœur de la forêt amazonienne, j’ai eu la chance de m’occuper, grâce à l’association ONCA, de singe capucins victimes de la déforestation et du marché noir. J’ai vécu 1 mois dans une case en bambou, sans électricité ni eau courante pour m’occuper de ces singes en milieu naturel.

Cette expérience m’a permis de me rendre compte de ma capacité à avoir un impact positif sur la biodiversité, j’ai trouvé du sens à ce que je faisais. Pas besoin de complexité pour avoir le sentiment d’être impactant, finalement deux bras et de la volonté suffisent. Cela a fait grandir mon envie d’avoir une influence positive sur la biodiversité et la protection de l’environnement.

J’ai choisi cette filière pour l’aspect scientifique et technique mais après mon voyage j’ai compris que je l’avais aussi choisi pour l’impact positif sur l’environnement et la biodiversité que je peux avoir.

C’est quoi le cours que tu as préféré lors de ta formation ? Que tu as moins aimé ?

J’ai vécu des années passionnantes pendant ma formation, mais ce que j’ai préféré ce sont les travaux pratiques en laboratoire et la magie de passer d’une molécule à un matériau en l’espace d’un après-midi.

J’ai beaucoup moins aimé les cours de comptabilité et finances bien que cela me soit utile aujourd’hui car cela me permet de comprendre les décisions et orientations stratégiques de mon entreprise.

C’est quoi ton métier aujourd’hui ? Quelles compétences tu utilises ?

Je suis actuellement Responsable Recherche et Innovation chez Guillin Emballages à Ornans. J’ai la chance de manager une petite équipe de 2 personnes pour accompagner mon entreprise, qui fabrique des emballages à usage alimentaire, sur les sujets d’innovation matériau et d’économie circulaire. En quelques mots, c’est sélectionner le bon matériau pour le bon usage et s’assurer que l’emballage s’intègre pleinement dans l’économie circulaire que ce soit par la boucle du recyclage ou du réemploi.

Au-delà de l’aspect technique, j’utilise beaucoup de compétences en gestion de projet : fédérer autour d’un but commun, être capable de créer du lien humain, des synergies positives pour aller au bout des problématique techniques.

Quelle est ta dernière grande réussite au travail, quelque chose que tu as accompli et qui t’as rendue fière ?

Ma grande réussite est d’avoir accueilli, en 4 ans, 7 stagiaires ou alternants sur des missions longues (6 mois en moyenne) pour pouvoir transmettre et inculquer mes valeurs mais surtout ma vision du métier et de la vie en général. Aujourd’hui j’ai encore des nouvelles régulièrement de mes anciens stagiaires et c’est là que je mesure l’impact positif que j’ai pu avoir autour de moi.

Quel conseil donnerais-tu au toi de 18 ans qui s’inquiète devant Parcoursup ?

Ne pas penser qu’au métier que tu as envie de faire mais plutôt à la personne que tu as envie de devenir. Et ne pas oublier que la formation ne s’arrête pas à l’école, on la trouve aussi dans nos expériences de vie.

Est-ce-que tu as une ressource à recommander sur la transition ?

Podcast Vlan !, animé par Gregory POUY, qui propose des discussions sous forme d’interview, sur différents thèmes de sociétés dont l’écologie.

J’adore ce podcast car en plus d’aborder le thème de la protection de l’environnement qui m’intéresse particulièrement, il permet de nous ouvrir à d’autres sujets de sociétés tout aussi intéressants.

Envie de poser d’autres questions à Camille sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !