Camille, 29 ans, responsable climat et énergie en ONG

Lutter contre les inégalités et construire un monde plus durable : ces engagements ont toujours guidé le parcours de Camille André. Aujourd’hui, il a trouvé sa voie au Geres, une ONG qui concilie ces enjeux autour de la solidarité climatique.

Après une formation en économie du développement international, c’est sur le terrain du changement climatique et de la transition énergétique que s’active notre Pépite bretonne !

Des convictions vives et un enthousiasme contagieux, c’est une nouvelle dose d’inspiration pour contribuer à changer le monde à son échelle🍃

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Avoir le bac ? 😛 Non plus sérieusement, au lycée Jacques Cartier à St Malo j’étais un peu le jeune gauchiste avec la grogne facile sur pas mal de sujets ! J’étais déjà très sensible à la question environnementale et climatique, mais en 2009 on touchait à peine du doigt le sujet, malgré les décennies d’alertes précédentes.

Du coup cette sensibilité, exacerbée par des prises de conscience comme la diffusion internationale du film Home, n’est pas passée au cap de l’engagement parce ce chemin était encore très méconnu. En gros, ça voulait dire quoi bosser dans le climat en 2009 ? Pour le jeune breton que j’étais, pas grand chose. Alors je me suis orienté vers le développement international par la porte de l’économie.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

Mes deux premières années post-bac, je les ai consacrées à une prépa économie, la prépa ENS Cachan D2 pour les intimes. Donc, niveau temps pour de l’engagement à côté des études c’était clairement pas ça. Mais j’ai quand même réussi à faire des fiches bristol sur certaines émissions TV en rapport avec la lutte contre les changements climatiques comme Vu du Ciel, ou à traîner avec moi quelques potes plus ou moins convaincu.es au ciné pour voir Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot. Par contre à la fin de ces études d’éco très généralistes, je me décide pour un parcours orienté développement et solidarité !

Je file donc vers Clermont Ferrand, au CERDI (Centre d’étude et de recherche sur le développement international) et là je me sens enfin bien ! 🙂 Que des personnes engagé.e.s pour la solidarité, des cours d’éco enfin axés sur la lutte contre les inégalités et non sur les meilleurs moyens de les faire perdurer ! Du coup sur ces 3 ans, je m’engage dans une asso étudiante Africavenir, dont je finis par prendre la présidence, et à travers laquelle on monte des projets sur le continent africain. On commence à y mettre du développement durable et ça fait du bien ! 😀

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Pendant mes trois dernières années d’études, à Clermont Ferrand, j’ai fait trois stages longs, dont deux dans des pays « en voie de développement » : à Madagascar et au Togo.

A cette occasion j’ai travaillé sur des sujets très divers, principalement l’éducation et l’environnement. A ce moment là, je croyais dur comme fer que tout passerait par l’éducation pour la protection de la Planète. Alors j’ai fait ce que beaucoup ont essayé de faire aussi : des sessions de sensibilisation sur les déchets, sur la protection de la nature, etc.

Et puis mon troisième et dernier stage, en France celui-là, avec le Geres, m’a ouvert la porte de la lutte contre les changements climatiques. Le Geres menait notamment une étude sur les financements octroyés par la France à la lutte contre les changements climatiques, tout ça avant la COP21 hein, le sujet était encore très orphelin.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Je ne sais pas si je serais capable d’identifier « un » déclic. Comme vous l’aurez peut-être compris, je suis breton. Je me souviens, quand j’étais petit, des marées noires, et notamment de l’Erika. Ça m’avait énormément marqué. Voir des paysages souillés et des animaux mourir simplement pour la stupidité des humains m’avait complètement révolté du haut de mes 10 ans à peine !

Pour la partie plus récente, je pense que le film Home m’a fait un sacré électrochoc. Il est venu me conforter dans beaucoup d’idées que j’avais sur les inégalités à travers le monde. Inégalités entre humain.e.s mais aussi injustice envers la planète et le vivant.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Geres, c’est une ONG de développement qui a un peu plus de 40 ans et qui a pour mission première de lutter contre la pauvreté et les dérèglements climatiques à travers la transition énergétique. Pour ce faire, on conduit des projets de terrain, principalement autour de différents sujets parmi lesquels l’accès à l’énergie, le déploiement d’énergies renouvelables, ou encore la mobilisation citoyenne sur les questions de solidarité climatique.

En ONG on est donc très souvent des couteaux suisses : parfois je suis le tire-bouchon mais parfois je suis le cruciforme. Autant dire qu’une journée type peut être très différente d’une semaine à l’autre !

Mon travail oscille entre un métier de coordination de projets en France, avec de l’animation de réseau, des formations que je dispense sur le climat, etc. et un métier de « terrain » où je vais dans les pays d’intervention du Geres pour appuyer nos équipes sur l’intégration des conséquences des changements climatiques dans nos activités à destination des communautés.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

L’adaptabilité ! Savoir se dépatouiller dans des situations très différentes, tout en étant capable de garder le cap de la lutte contre les changements climatiques dans l’ensemble des actions à conduire !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est sa diversité, tant en termes d’activités opérationnelles que de rencontres de cultures différentes ! Se dire que sur une même année tu peux boire un thé avec un.e afghan.e en discutant de ce qu’il/elle a observé en termes de changements climatiques et te retrouver à la COP21 à Paris, au cœur de l’action internationale sur le climat, c’est assez boostant !

Ce que j’aime le moins aujourd’hui c’est la pauvreté financière du monde associatif. Les limites que nous posent l’absence de financement et la nécessaire recherche permanente de fonds pour pouvoir travailler efficacement ! Mais j’ai bon espoir que ça s’améliore 🙂

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Tu trouves que la situation climatique actuelle est inquiétante ? Accroche-toi, Trump / Bolsonaro et consorts arrivent…

Mais en moins déprimant, je me dirais sûrement : « tu vois le gugusse à la télé là qui voyage partout, qui rencontre plein d’autres cultures, qui met en avant des actions de terrain, de solidarité, etc. ? Bah non ça sera pas tout à fait toi, mais peut-être bien qu’une des actions dont il parle ça sera une que tu auras contribué à mettre en œuvre, et ça c’est plutôt cool non ? »

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

La plateforme « Emploi » de Coordination SUD : c‘est une mine d’or pour rentrer dans le secteur de la solidarité !

En termes de lectures / écoutes / visionnages, il y en a tellement aujourd’hui ! Voir Home, lire Pablo Servigne & Noam Chomsky, écouter Respire de Mickey 3D ? 😊

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