Découvrez le parcours d’Alexia Fabiani, qui après quelques expéditions en Arctique a fini par larguer les amarres à Monaco pour travailler sur le recyclage des eaux grises chez FGWRS. L’histoire ne dit pas si elle a souké les artimuses, mais ce qui est sûr c’est que depuis son rêve de devenir astronaute, elle trace sa route vers la suite des aventures sans se poser de questions. Une vraie inspiration !

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Devenir ingénieur aérospatial puis astronaute. J’ai donc fait une prépa maths sup / maths spé mais je n’ai pas continué par manque d’intérêt réel pour la formation ingénieure. Je voulais explorer de nouveaux horizons, et trouver une nouvelle formation pour sortir des sentiers battus.

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

J’ai fait deux ans de prépa, puis je suis partie au Japon pour faire une licence de 4 ans en physique fondamentale et appliquée. J’ai toujours été passionnée par les sujets environnementaux (je participais à des débats…) et j’ai fait deux expéditions en Arctique qui m’ont beaucoup sensibilisée au réchauffement climatique et donc je me sentais très concernée par la nécessité de changer de mode de production, de vie…

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

A l’université au Japon, j’étais vice-présidente d’une association d’étudiants étrangers, j’étais aussi enseignante d’anglais, italien et français pour les adultes et anglais pour des enfants dans un club de communication anglaise.

En 2019, je suis partie pour une expédition (à propulsion humaine) de deux mois en Alaska sur le champ de glace Juneau pour y étudier l’algue rouge se développant sur les glaciers et contribuant à la fonte des calottes et glaciers (environ 13% au Groenland!!). Ensuite je me suis consacrée à la biologie des plantes pendant 8 mois après avoir obtenu mon diplôme de licence au Japon.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

Mes expéditions à 100% ! Mais aussi mon amour pour la nature qui m’a été transmis par mon père. Je veux que l’on puisse préserver les ressources vitales et les écosystèmes pour les générations futures.

Comment as-tu trouvé ton job ?

1 jour avant de partir sur le glacier en 2019, j’ai été sollicitée par la Fondation du Prince Albert II de Monaco (FPA2) pour faire un test sur un pilote de recyclage d’eaux grises sur la station de recherche Concordia en Antarctique. À mon retour, nous avons fait un entretien avec le fondateur de la start-up Firmus Grey Water Recycling System (FGWRS) et l’Institut Polaire français.

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

La pépite Alexia regarde ses e-mails, puis quand tout est traité, elle descend à l’atelier pour se pencher sur son pilote à destination de l’Antarctique. Plomberie, électricité, montage d’armatures, Alexia s’occupe aussi si besoin de montage de machines à recycler les eaux grises.

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Clairement, le networking avec la FPA2. Elle m’avait déjà sponsorisé pour les deux expé en Arctique. Comme la FPA2 connaît mon implication, elle savait que ce projet me motiverait.

Il y a aussi la flexibilité et la multidisciplinarité de ma formation qui me permettent d’apprendre (plus ou moins) vite et de m’adapter aux différentes missions.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus, c’est d’optimiser les performances d’un appareil, afin de le rendre encore plus écologique et efficace. Ça, et aussi la construction. Ce que j’aime le moins ? Les réunions marketing et business plan… beurk ! Le plus difficile: veiller à ce que je ne sois pas jugée du fait de mon genre sur un chantier.

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

Je me vois bien professeure en microbiologie environnementale et leader d’expéditions en Arctique, haute montagne et Antarctique.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Écoute, mais ne suis pas les conseils des gens qui te disent: « ça c’est inintéressant, la biologie c’est que du par coeur », « toi un scientifique? tu n’y arriveras jamais! », « les femmes ne peuvent pas accéder à des postes à hautes responsabilités à cause de leur envie d’avoir des enfants« , « la prépa c’est la voie d’or, c’est la meilleure voie ».

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidée vers ce premier job ?

Découvrez les aventures de Mike Horn, grand aventurier, sur sa chaîne YouTube, et aussi le parcours de Lynn Hill, grande grimpeuse américaine.

Envie de poser d’autres questions à Alexia sur son parcours ? Ecrivez-lui ici!
Vous êtes une pépite et vous souhaitez remplir le formulaire ? RDV ici !