Alexandre Maurin

Amoureux de la nature et des animaux dès son plus jeune âge, Alexandre Maurin a fait de sa sensibilité un engagement en luttant contre l’obsolescence programmée dans la start-up qu’il a cofondée, Mcarré.
Cet ingénieur curieux a commencé ses premiers pas de pépite en multipliant les expériences avant d’envisager la voie de l’entrepreneuriat pour réunir sa conscience écologique et son âme d’entrepreneur. Pour lui, il n’y a pas une minute à perdre pour trouver sa voie : « 
l
a première clef c’est l’expérimentation » 💡

Retour sur les bancs du lycée, tu passes le bac… C’était quoi ton plan à ce moment-là ?

Dans un premier temps, j’ai nourri l’idée de devenir vétérinaire pendant plusieurs années au lycée. J’ai finalement changé d’avis pour suivre une voie bien différente : devenir un écolo ingénieur. Je me suis donc orienté vers une classe préparatoire et j’ai ensuite choisi une école d’ingénieur (l’Ecole Centrale de Lyon).

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concerné par la transition pendant ta formation ?

J’ai toujours été intéressé par la transition, depuis que je suis enfant. Je voulais œuvrer pour le monde : pour le rendre meilleur, plus vivable, plus soutenable et d’un certain point de vue plus humain. J’ai toujours orienté mes études dans ce sens, pour que je puisse travailler plus tard dans le domaine de l’écologie. Le parcours d’ingénieur m’offrait suffisamment de libertés et d’opportunités pour m’orienter vers une filière “écologique”.

Cependant, une autre envie venait tout aussi fortement, celle d’un parcours où je pourrais m’épanouir, au-delà du sens que j’y mettais. J’ai découvert en deuxième année d’école le métier « d’entrepreneur » et j’ai voulu essayer : par liberté, par joie et par envie. J’ai créé rapidement ma première entreprise et je ne peux pas dire autre chose que : j’ai trouvé ma voie. Il a été par la suite facile de lier avec mes convictions et de fonder une entreprise, Mcarré, celle que je dirige actuellement, en adéquation avec mes valeurs.

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Comme l’envie de travailler pour la transition était forte depuis petit, la majorité des mes expériences que j’ai décidé de réaliser, était en adéquation avec cette envie. J’ai été dans diverses associations à but écologique que ce soit en stage (Green Cross France et Territoires par exemple) ou en bénévolat (responsable du département développement durable au sein du Bureau National des Elèves Ingénieur par exemple).

Même lorsque je me suis investi au sein du BDE de mon école, j’ai eu à cœur de défendre des projets écologiques, comme par exemple la mise en place des éco-cups. Fort de toutes ces expériences, j’ai pu connaître alternativement le milieu associatif étudiant, le milieu associatif militant, l’entrepreneuriat, le monde de l’entreprise, et même l’arène politique.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Quel a été le déclic dans ton parcours ?

J’ai une conscience écologique depuis que je suis tout petit. Il n’y a pas de doute la dessus. Ça a commencé avec les animaux et ça c’est décliné envers l’environnement. Maintenant, ma conscience est autant tournée vers l’intérieur que vers l’extérieur. Je crois qu’on aura un monde meilleur quand les hommes seront plus conscients d’eux même, autant que de leur environnement.

Comment as-tu trouvé ton job ?

Je l’ai créé ! Comme j’était déjà passionné par l’entrepreneuriat, et que j’avais déjà décidé de clôturer ma première entreprise faute de clients, j’ai rejoint un projet entrepreneurial avec quelqu’un que j’avais rencontré lors d’une représentation théâtrale (lui metteur en scène, moi comédien). Le courant est tout de suite bien passé et, avec des objectifs communs, il m’a fait rencontrer notre troisième associé pour fonder Mcarré.

Aujourd’hui, on peut dire que je crée mon job quasiment quotidiennement. Le métier de l’entrepreneuriat est de créer son métier, au mieux, pour son projet d’entreprise. Ça se fait au quotidien !

On veut comprendre ce que tu fais ! Peux-tu nous décrire ta journée type de pépite ?

Morning routine d’abord, c’est important 😊

Ce qui compte d’abord pour moi, c’est l’énergie que je vais insuffler à l’équipe, surtout pour le lundi où j’anime la réunion. Mettre de l’enthousiasme dans mon travail, c’est clairement mon job d’entrepreneur, c’est le point de départ sans lequel rien n’est utile.

Ensuite, mes tâches sont très variées et relativement uniques, ce qui m’oblige à sortir souvent de ma zone de confort et à apprendre constamment, pour rester à la page, pour rester efficient. En ce moment, j’ai une tâche particulièrement exigeante sur l’organisation : déléguer, manager, accompagner. Mon objectif est d’aller encore plus loin dans l’autonomie de l’équipe.

Ma dernière tâche est celle de gardien de la constitution. Nous pouvons faire beaucoup de choses, tant qu’elles restent en adéquation avec la vision et les valeurs internes et externes de l’entreprise.

Et enfin, night routine 😊

Quels sont les éléments de ton parcours qui s’avèrent les plus utiles dans ton job actuel ?

Ma curiosité. Mon abnégation. Mon courage. Le reste c’est la formation d’ingénieur qui m’aide à être efficace, analyser et synthétiser.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus, c’est de voir tous mes collaborateurs heureux, avancer dans le même sens.

Ce que j’aime le moins, c’est la partie comptabilité.

Parlons CASH ! Quel est pour toi l’équilibre idéal entre sens & rémunération ?

Déjà, l’argent n’est qu’une énergie qui doit circuler. C’est neutre par essence et l’humanité doit selon moi apprendre à avoir un autre rapport à l’argent. Non plus mettre l’argent au-dessus de tout, comme un objectif (PIB nous voilà), mais redonner à l’argent sa juste place d’outil, au service de la collectivité, des projets, des enjeux, de l’innovation, de l’homme, de son éducation et du sens que nous voulons donner à notre vie.

Je crois que nous gagnerons à apprendre à simplement posséder par rapport à nos besoins véritables. Simplement vivre mieux en adéquation avec nos besoins réels.

De mon côté, j’aurais gagné et je gagnerais plus d’argent aujourd’hui si j’avais fait une carrière classique d’ingénieur, mais je vois les choses différemment. J’investis dans un projet que je souhaite faire encore grandir. L’entreprise en grandissant pourra aussi s’enrichir et donc nous pourrons multiplier les actions, les projets qui ont du sens. Nous pourrons recruter de nouvelles personnes dans l’aventure et avoir plus d’impact (positif) dans la société. Et c’est ça qui compte réellement.

Petit coup d’œil à la boule de cristal : où te vois-tu dans quelques années, au niveau boulot ?

Mon envie est de poser un paradigme concret, viable et impactant pour l’informatique durable, en repoussant l’obsolescence programmée logicielle et matérielle et en intégrant l’économie circulaire. Pour réaliser cela, je me vois plus entouré qu’aujourd’hui, avec plus de collaborateurs, plus de partenaires et plus de clients. Pour réaliser cela, je me vois résoudre des enjeux encore plus complexes qu’aujourd’hui. J’espère que ce sera mon quotidien dans quelques années.

Retour vers le futur ! Tu reviens te murmurer à l’oreille au lycée, qu’est-ce que tu te dis ?

Pour tous les fans de science-fiction, vous savez bien qu’on ne doit pas jouer avec le temps ! Je ne prendrai pas ce risque, car ce sont tous les défis, tous les moments qui m’ont guidé jusqu’à ce jour et je ne regrette rien. On croit parfois que la vie prend des virages insupportables ou compliqués, mais partout, nous avons quelque chose à apprendre. Alors la seule chose que je m’autoriserai à dire c’est : « Aie confiance ».

Des conseils de lectures / écoutes / outils qui t’ont guidé vers ce premier job ?

La première clef c’est l’expérimentation, pour mettre en mouvement ce que nous sommes. Nos croyances, nos apprentissages, nos envies doivent prendre corps dans notre quotidien pour être vécus et en retirer un véritable enseignement. Les outils que sont les livres ou les écoutes sont des portes que l’on nous présente, il nous reste 95% du chemin à faire en les poussant.

Lean Start-up d’Eric Ries est une porte que l’on m’a présentée, mais j’ai mis plus de 2 ans à en comprendre vraiment le sens et à réellement appliquer les préceptes qui y sont inscrits. Dans la même veine, si vous souhaitez monter une start-up, je vous conseille les conférences d’Oussama Ammar.

D’un point de vue plus personnel, Le pouvoir du moment présent, d’Eckhart Tolle est un livre qui m’a ouvert une porte essentielle par rapport à qui je suis aujourd’hui, en tant qu’homme, mais aussi en tant qu’entrepreneur et manager. Et pour celui-ci je n’ai mis qu’un mois à en comprendre le sens 😊

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