Mélissa, chargée de communication et de partenariats chez RespectOcean

Mélissa Michaud savait qu’elle voulait un job utile, il lui restait simplement à trouver par où commencer. Elle choisit le droit, d’abord en se spécialisant dans les droits de l’Homme. C’est au fil de son parcours qu’elle s’oriente progressivement vers la transition écologique, et finalement, tout ce qu’elle a fait lui a servi !

Aujourd’hui elle travaille en tant que chargée de communication et de partenariats, et a un rôle de couteau suisse dans son association. Elle exerce ce job au sein de RespectOcean qui oeuvre dans le secteur de l’économie bleue durable.

Avec son parcours, la Rochelaise de 24 ans nous rassure sur le fait que toutes les étapes d’un parcours ont leur utilité, et que le plus important est de rester ouvert à ce qui se présente à nous.

Elles nous raconte aujourd’hui comment elle a fait de ces expériences une force qu’elle met au service de la protection de l’Océan 🍃

Hello Solène ! Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ? Etais-tu concernée par la transition pendant ta formation ?

En toute honnêteté le plan était très flou à l’époque, je savais que je voulais avoir un travail qui ait du sens, œuvrer pour une cause en laquelle je crois. J’ai choisi d’aller à la fac de droit parce que je pensais pouvoir y apprendre les rouages de la société, apprendre à utiliser le droit comme un outil pour façonner le monde comme je l’entendais…oui, oui je pensais que devenir juriste voulait dire devenir super héros .. bon ce n’est pas tout à fait le cas, quoi que.. ça dépend pour qui on travaille et ce qu’on fait du droit !

Mélissa fait donc 5 ans de droit entre les facultés de Bordeaux, Nanterre et Aix-en-Provence au fur et à mesure de sa spécialisation dans différents domaines. Elle privilégie d’abord les droits de l’Homme et le droit international, parce qu’elle veut travailler pour des ONG ou des institutions internationales. Mais petit à petit, elle s’oriente vers la transition écologique :

Mes lectures, rencontres, expériences m’ont fait réaliser que justice sociale et justice environnementale sont intimement liées ce qui m’a poussée à étudier des matières liées à la transition. J’ai choisi de faire un master 2 de droit international et européen de l’environnement et, comme je savais que je voulais travailler dans le milieu associatif, j’ai voulu ajouter une corde à mon arc et ai suivi un master 2 communication des organisations et du développement durable à Aix en Provence également.

C’est lors de ces 2 dernières années de cours que j’ai réalisé que la sphère internationale n’était pas celle dans laquelle je voulais évoluer pour l’instant : il y énormément de choses à faire avec les acteurs nationaux et locaux dont l’impact plus tangible (du moins pour moi) et de nombreux projets inspirants. Le tout sans forcément être déconnectée de la sphère internationale puisque les problématiques environnementales sont globales !

 

Est-ce que tu as eu d’autres expériences à côté de tes études ?

Mélissa a travaillé en parallèle de ses cours pendant une grande partie de ses années étudiantes, ce qui ne lui laissait pas beaucoup le temps de s’investir en plus dans la vie associative de sa fac. Mais justement, ces différents jobs étudiant lui ont permis de découvrir des sphères qu’elle n’aurait pas côtoyé autrement, et de rencontrer des gens qui lui ont beaucoup apporté. Toute expérience peut partir à enrichir son parcours suivant comment on l’aborde : passer ses études dans des assos n’est pas un pré-requis pour travailler dans la transition !

Mais bien sûr, ça peut toujours être un plus, et Mélissa a quand même trouvé le temps de s’engager pendant deux ans dans une association :

J’ai fait partie de l’association Sekoia qui fait coopérer les habitants et les commerçants d’Aix-en-Provence autour d’initiatives visant la réduction de nos déchets, en particulier les plastiques. Leurs actions se déclinent en deux volets : la création d’ un label écologique zéro déchet pour les commerçants qui remplissent les critères de leur charte et la sensibilisation à la réduction de notre empreinte carbone.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un travail engagé pour la transition ? Est-ce qu’il y a eu un déclic ?

J’ai toujours su que je voulais participer, d’une manière ou d’une autre, à la création de nouveaux imaginaires, aux réflexions pour un « nouveau » monde et l’élaboration d’un nouveau modèle de société.

Même si j’ai souvent déménagé j’ai toujours vécu dans des zones très agricoles ce qui m’a sensibilisée assez vite aux problématiques liées à l’utilisation des produits phytosanitaires, des monocultures, etc. L’écart qu’il existait entre des lieux naturels préservés et les grandes étendues cultivées m’a permis de réaliser assez vite l’impact des activités humaines sur son environnement (et sa santé…).

Mais c’est l’actualité environnementale, l’éveil écologique personnel et un cours de droit de l’environnement, aussi passionnant que déprimant car révélateur de l’inaction des Etats, qui ont été mon déclic et m’ont fait choisir de consacrer mon projet professionnel à la transition.

Après six ans d’études, Mélissa tombe sur une offre de stage sur LinkedIn. Elle tente sa chance, obtient son stage chez Respect Ocean et match complètement avec l’association, si bien qu’elle a prolongé son stage en CDD !

On veut comprendre ce que tu fais ! C’est quoi ton métier au quotidien ?

L’organisation de mes journées dépend de l’actualité de la vie de l’association. Je n’ai pas de journée type mais mes tâches de fond consistent à préparer les communications quotidiennes, les newsletters, à suivre le processus d’adhésion des membres et les partenariats.

Comme nous sommes une petite équipe j’ai l’opportunité de « toucher » à tout ! Je peux suivre la préparation des projets sur différents plans, via des recherches juridiques, des entretiens pour mieux cerner les attentes des entreprises, la préparation de présentations, préparation de futurs webinaires, etc. En ce moment, plusieurs projets importants sont en préparation : la deuxième édition de notre concours de pitch, et le lancement d’un nouveau programme à destination des entreprises la plus grande partie de notre énergie leur est donc dédiée.

Mélissa travaille chez RespectOcean, une association dont le but est de mettre en réseau les acteurs qui s’engagent pour un développement économique durable en faveur de l’océan. Le poste de chargé de communication est de partenariats va vraiment s’adapter aux missions de la structure et peut recouvrir des objectifs variés !

C’est quoi les compétences d’une chargée de communication et de partenariats ?

Le ou la chargé.e de communication et de partenariats joue un rôle d’interface entre son organisation et son écosystème. Comme il faut naviguer entre différentes sphères, il faut être capable de travailler en équipe, de réseauter, mais aussi de faire preuve de pédagogie avec ses différents partenaires et de négocier avec eux.

Ca implique de bien cerner les enjeux du secteur, de comprendre ses dynamiques et d’identifier les bons interlocuteurs pour faire avancer son projet. On parle de compétences analytiques, qui sont transversales et qu’on peut acquérir par des études très différentes, le droit étant la voie par laquelle est passée Mélissa . Une fois que le pont est construit avec les partenaires, on peut participer à l’implémentation, et le fait de pouvoir mener un projet à son terme et d’en assumer l’organisation peut aussi faire partie de la mission. Ensuite forcément, il faut savoir communiquer via différents supports, donc les compétences de rédaction et d’expression orale sont déterminantes.

Enfin, le ou la chargé.e de partenariats et de communication est à l’initiative et on peut faire preuve de créativité au sein de sa structure. En fait comme c’est un métier hyper polyvalent, toutes ces compétences très variées peuvent être valorisées, et c’est un job qui plaira aux curieux et à ceux qui veulent toucher à tout.

J’ai envie de dire que tout m’a servi, je ne me sers pas directement de mes connaissances académiques mais elles me servent à comprendre les sujets que l’on aborde, les enjeux qui y sont liés, etc. Ces dernières années m’ont aussi permis d’acquérir une plus grande ouverture d’esprit, une capacité d’analyse et d’adaptation qui sont très utiles ! J’espère pouvoir continuer à avoir plusieurs casquettes et multiplier les activités dans lesquelles je m’engage !

et c’est aussi le conseil qu’elle donnerait, de cultiver cette ouverture :

Fais toi confiance, il n’y a pas de mauvais choix possible, les études c’est l’occasion de se découvrir, de développer ton appétence pour des sujets nouveaux, et les matières qui paraissent accessoires aux autres pourront devenir tes passions !

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail ? Au contraire, qu’est-ce que tu aimes moins, ou qui est plus difficile ?

Ce que j’aime le plus c’est d’avoir un travail en accord avec mes valeurs, c’est qui me tenait le plus à cœur. J’aime beaucoup pouvoir échanger avec les entrepreneurs, me nourrir de leurs réflexions et de leur cheminement pour pouvoir entrainer dans leur sillage d’autres acteurs.

Ce qui est peut-être plus difficile c’est le fait de travailler uniquement en télétravail ? Mais on trouve rapidement son rythme et des façons de compenser la distance physique.

La mine d’or de notre pépite chargée de communication et de partenariats

Les plateformes dédiées aux emplois de la transition : Tee, Emploi environnement, Jobs that make sens et les Pépites vertes ont une vraie Mine d’Or ! (Promis, c’est pas nous qui l’avons dit)

LinkedIn est aussi un bon outil pour développer son réseau !

Des lectures peuvent renforcer l’engagement :

Printemps Silencieux de Rachel Carson

Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens

Les livres de Naomi Klein, notamment Tout peut changer

Les documentaires H20 : la vie et nous et Décolonisons l’écologie : reportage au cœur des luttes décoloniales et écologistes

Et la philosophie de Murray Bookchin.

Envie de poser d’autres questions à Mélissa sur son parcours ? Ecrivez-lui ici !
Mélissa est membre de notre réseau, Le Club des Pépites Vertes, à découvrir ici !